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STS = Session thématiques
NRF = Forum des nouveaux chercheurs

Sessions thématiques

STS #1
Modérateur-trice(s)    Jörg Stolz, David Voas, Pierre Bréchon
Titre     Religiosité : analyse d'enquêtes quantitatives nationales et internationales
Résumé
Dans cette session, les intervenants se pencheront sur les recherches basées sur des données quantitatives issues de nombreuses enquêtes internationales (par exemple : WVS, EVS, ISSP, ESS, Eurobarometer, Religionsmonitor, etc.) ou nationales. Les contributions peuvent aussi avoir recours aux méthodes mixtes (qualitatives et quantitatives). Les chercheurs peuvent présenter des travaux en cours, de même que des enquêtes achevées. Un soin particulier devrait être porté aux aspects méthodologiques.


STS #2
Modérateur-trice(s)    Irene Becci, Marian Burchardt, Mariachiara Giorda
Titre    Redéfinir le séculier dans les sociétés religieusement superdiverses
Résumé
La notion de super-diversité religieuse est basée sur une compréhension large de la diversité religieuse, incluant l'ensemble des discours et pratiques qualifiés de spirituels. En approchant le facteur religieux comme un hologramme, l'on peut s'apercevoir qu'il influence toutes les autres variables composant le statut social. En effet, les sociétés contemporaines sont super-diverses, et la religion elle-même comprend de la diversité, en termes de genres, d'âges, de réseaux de relations, d'identités culturelles, etc. L'analyse d'un tel patchwork de super-diversité au plan religieux nécessite également que l'on redéfinisse le séculier. Est-ce un horizon normatif auquel se raccrocher dans les dilemmes de genre, de morale, de droit et d'éthique, ou un environnement technique cristallisé dans des arrangements institutionnels formels ? Cette session s'intéresse à la manière dont les manifestations religieuses sont en lien avec l'ethnicité, le genre, l'âge et la sexualité, ainsi qu'à la mesure dans laquelle ces dimensions fonctionnent dans et affectent les environnements séculiers. Nous invitons les contributions en lien avec la super-diversité religieuse, d'une part, et en particulier ceux qui interrogent et pensent la façon dont le séculier est affecté, et son rôle dans de potentiels conflits ou potentielles ententes. Nous encourageons les travaux basés sur des recherches empiriques.

STS #3
Modérateur-trice(s)    Géraldine Mossière, Christophe Monnot
Titre    Conversion et engagement social et politique
Résumé
Pour les études actuelles, les conversions sont essentiellement perçues comme un archétype des mutations de société avec leurs phénomènes d’individualisation et de mobilité religieuses contemporains. Cependant, peu ont examiné le changement de vision, d’idéal et d’agir social que la modification de croyances et de pratiques religieuses du quotidien pouvait induire. La radicalisation n’en représente qu’une forme marginale quoique frappante. Nous proposons plutôt de comprendre la conversion comme le produit d’un contexte social dont les convertis se pensent et se décrivent comme vecteurs de changement. Cette session s’intéressera à la conversion du point de vue :
des motivations et intentions sociales
des récits de vie et biographie personnelle
de l’intégration dans une communauté (qui peut être idéelle).
Si l’analyse englobe, sans s’y limiter, les conversions à l’islam et les phénomènes de radicalisation, elle vise avant tout les contextes, idéaux, activismes, isolements sociaux et récits qui gravitent autour de l’adoption d’une nouvelle religion. En somme, la session proposée apportera un regard critique face aux significations politiques et sociales qu’endossent les gestes de conversion, dans leur variabilité et complexité.

STS #4
Modérateur-trice(s)    Pascal Tanner
Titre    La diversité des non-affiliés
Résumé
Comme l’ont souligné les études et débats récents, le phénomène des personnes non affiliées à une religion est fortement diversifié. Les formes d’incroyance, les raisons de leur désaffiliation et les manières de vivre sa non-croyance dépendent d’une multitude de facteurs et contextes autant (trans)nationaux que locaux. Dans cette session nous aimerions traiter de questions telles que :
Quelles sont les spécificités des désaffiliés selon les contextes
Qu’observe-t-on comme processus particuliers aux désaffiliés selon les contextes ?
Comment les différences entre types de désaffiliation peuvent être éclairées ?
Quelles sont les différences entre les désaffiliés et les membres d’organisations laïques ?
Peut-on éclairer les différences entre ces deux types (organisée ou non) de non-croyance ?
Comment les caractéristiques culturelles, générationnelles et spatiales interfèrent-elles avec l’activisme de non-croyants ?
Les participants sont invités à présenter des résultats comme des recherches en cours suivant des approches autant quantitative que qualitative ou encore mixte.

STS #5
Modérateur-trice(s)    Jens Koehrsen, Alexandre Grandjean
Titre    Le tournant "vert" : quand les acteurs religieux s'impliquent dans les programmes de développement durable
Résumé
Avec le sommet de la COP21 à Paris, et l'Encyclique Laudato Si, l'engament d'acteurs religieux dans le développement durable et leur lutte contre le réchauffement climatique ont reçu passablement d'attention médiatique et académique.
Dans le contexte de programmes écologiques naissants (par exemple la transition énergétique) et d'inquiétude croissante vis-à-vis des bouleversements climatiques et environnementaux, les religions du monde et les mouvements spirituels réalisent un « tournant vert ». Ce tournant est perceptible dans leur communication publique ou leurs efforts de lobbying pour un futur « vert », de même que dans les projets de développement durable qu'ils mènent, seuls ou en collaboration avec d'autres acteurs. Cette session compte explorer les nombreuses situations de coopération et friction qui surgissent de ces engagements. Ainsi, elle invite les contributions au sujet des initiatives écologiques et des collaborations entre acteurs issus de différentes traditions de foi.
STS #6
Modérateur-trice(s)    Roberto Cipriani
Titre     Homosexualité et religion
Résumé
Les comportements et le désir homosexuels sont des phénomènes universels. Il existe un rejet, de la part des religions, des conduites et modes de vie homosexuels, et des réactions contre leur caractère universel. Les arguments avancés en religion contre l'homosexualité sont souvent basés sur les textes sacrés. Mais les arguments religieux sont aussi contextualisés face à diverses normes sociales qui sont compatibles avec la religion. La religion entretient, de par le monde, un lien étroit avec la famille comme lieu de la reproduction. De plus, un argument plus occidental veut voir l'homosexualité comme « contre nature ». Bien que le concept de « nature » demeure flou, l'idée que les comportements homosexuels sont non naturels a connu un grand succès au fil des siècles, en liant la « naturalité » et la volonté divine. Ce sont ces normes de « naturalité » qui expliquent le rejet du désir pour le même sexe.

STS #7
Modérateur-trice(s)    Sarah-Jane Page, Anna Halafoff
Titre    Courants globaux du bouddhisme contemporain
Résumé
Les développements contemporains du bouddhisme à l'échelle globale sont dignes d'intérêt : dans bien des lieux, le bouddhisme se développement, avec de nouvelles dynamiques du bouddhisme apparaissant. Cette session entend explorer les implications du bouddhisme pour la sociologie des religions, là où le bouddhisme et ses manifestations contemporaines sont demeurés peu investigués. Étant donné que le bouddhisme est essentiellement évalué en des termes particuliers (par exemple comme paisible et bienfaisant – cf. Halafoff : 2012 et Keown : 2012), cela soulève d'importantes questions au sujet des critères de jugement, de même que sur les raisons pour lesquelles il est délaissé par la recherche sociologique.
Comme les courants du bouddhisme investissent de nouveaux lieux et espaces, le bouddhisme lui-même est transformé, de même qu'il transforme le paysage social. Alors qu'il se développe, et que la sociologie commence à s'intéresser plus sérieusement aux bouddhistes, il nous faut en considérer les implications sociologiques. D'une part, nous devons rendre compte des expériences quotidiennes des bouddhistes, en particulier de la manière dont ces développements récents influencent d'anciennes lignes de démarcation sociologiques, telles que la classe, le genre ou la race. Par exemple, du point de vue du genre, dans quelle mesure les inégalités entre hommes et femmes sont-elles persistantes, pour les bouddhistes laïcs et pour les ordres religieux. D'autre part, nous devons en mesurer l'impact pour les théories et méthodes en sciences sociales, en nous demandant si l'étude du bouddhisme confirme ou infirme celles-ci.
Nous invitons les contributions étudiant les diverses facettes du bouddhisme contemporain. Les thèmes peuvent inclure, entre autres, les domaines suivants : théorie sociale du bouddhisme, terminologie et concept, constructions dominantes du bouddhisme, implications méthodologiques, rapports aux classes, races, genres et sexualités, l'activisme et l'engagement sociétal du bouddhisme, l'héritage et le patrimoine, le bouddhisme sur internet, le rôle des autorités religieuses, les rapports est-ouest et leurs transformations, ou encore le consumérisme et le bouddhisme.

STS #8
Modérateur-trice(s)    Stéphanie Tremblay, Marie-Andrée Roy
Titre    Diversité religieuse : entre perception par la majorité et stratégies des groupes religieux
Résumé
Cette session thématique se propose d'examiner la façon dont, d'une part, la majorité des regards sociologiques sont construits vis-à-vis de la diversité religieuse et, d'autre part, l'attitude des différents groupes religieux les uns par rapport aux autres. Cet examen s'appuie sur divers points de référence, et dépend d'une variété de perspectives analytiques.
Dans la première partie, nous allons nous pencher sur la manière dont, dans un contexte global marqué par de nombreuses tensions en lien avec le religieux, le « religieusement correct » se structure dans diverses sociétés plurielles, en nous concentrant sur les discours politiques et légaux, ainsi que sur les conceptions courantes du sécularisme, mais aussi sur les discours individuels. Cette partie impliquera donc l'analyse des représentations sociales de l'autre et les avis en lien avec sa diversité dans la sphère publique. Les questions suivantes pourraient être soulevées et traitées : Y a-t-il des représentations partagées quant à ce qui est acceptable ou non en matière de religion dans l'espace public ? Y a-t-il une stigmatisation de certains groupes religieux en particulier, ou d'une mentalité particulière, à savoir le fondamentalisme ? Ces représentations sont-elles en lien avec l'appartenance à certains milieux socio-économiques ? Sont-elles cohérentes avec les discours institutionnels, politiques et légaux ? Y a-t-il une différence entre hommes et femmes de ce point de vue ?
Dans la seconde partie, nous explorerons comment les différents groupes religieux se comportent vis-à-vis des perceptions majoritaires. Est-ce que la mauvaise image de certains groupes favorise ce que l'on pourrait appeler des « zones de fragilité » (Dejean : 2016) ? Les hommes et les femmes sont-ils égaux face à ces représentations ? Y a-t-il un enjeu majeur dans la constitution d'associations « protectrices », telles que des écoles confessionnelles ? Dans le même temps, de nombreux auteurs démontrent le rôle joué par les groupes religieux dans l'émergence d'une certaine « convivialité », d'une solidarité, notamment pour les victimes de violences symboliques ou physiques (Meintel : 2016). Trouve-t-on des exemples similaires dans d'autres sociétés ?

STS #9
Modérateur-trice(s)    Kati Tervo-Niemelä
Titre    Religion et irréligion à travers les générations
Résumé
De nombreuses études indiquent que les jeunes générations sont moins religieuses que celles qui les ont précédées, au sens traditionnel du terme. Ces différences entre groupes générationnels ne sont pas qu'une question d'âge, mais aussi une question de période : les jeunes d'aujourd'hui sont moins religieux que les jeunes d'autrefois. C'est en particulier le cas dans les pays fortement industrialisés, notamment en Europe. De plus, les jeunes semblent plus ouverts dans leur quête d'un sens à la vie. L'un des facteurs déterminants de ce déclin du religieux est parfois perçu comme étant le changement dans l'organisation familiale, qui influence directement la manière dont la religion est transmise d'une génération à l'autre. Dans le même temps, des études ont montré une continuité remarquable au sein des familles, et les comportements religieux semblent traverser les barrières générationnelles, de sorte que la religion (ou l'irréligion des parents influence grandement les enfants à cet égard.
Cette session appelle des contributions analysant et décrivant les changements générationnels en matière de religion et d'irréligion, sur la façon dont les croyances et pratiques sont maintenues et transmises, ou au contraire abandonnées, ainsi que les enquêtes sur la religion et les variations selon les groupes d'âge.

STS #10
Modérateur-trice(s)    Roberto M.C. Motta, Claude Ravelet, Léa Freitas Perez
Titre    Syncrétisme religieux et culturel, interpénétration, fondamentalisme, intolérance et conflit au Brésil, en France et ailleurs : perspectives comparées
Résumé
Des spécialistes reconnus des relations entre religion et société, tels que Roger Bastide et d'autres, ont vu dans le Brésil le prototype du Nouveau Monde : l'interpénétration des champs ethniques, culturels et religieux y sont autant d'éléments qui composent ce pays. En France également, un regard empreint d'optimisme, voire d'enthousiasme, a été porté sur la capacité de la civilisation française d'assimiler. Pourtant, en France et au Brésil – et ailleurs encore – des courants fondamentalistes et anti-syncrétiques se sont développés dans les premières décennies du 21e siècle. Cela a conduit à une situation que n'attendaient certainement pas des auteurs comme Franz Boas ou Roger Bastide, écrivant au milieu du siècle dernier, à propos du rapport français à l'islam ou du Brésil.
Reprenant des contributions fécondes, cette session entend décrire et expliquer les tendances et problèmes actuels. Ce vaste débat portera sur la capacité des religions d'être un jour en mesure de renoncer à leurs prétentions exclusivistes, ainsi qu'au fondamentalisme et à l'intolérance – qu'ils soient ou non violents. Cette enquête, malgré de nombreux gestes de bonne volonté de la part des autorités religieuses, concerne avant tout les religions monothéistes et « révélées », qui ne réservent qu'un espace étroit, voire pas d'espace du tout, aux options syncrétiques.

STS #11
Modérateur-trice(s)    Sylvie Poirier, Françoise Dussart
Titre    Religiosités indigènes contemporaines. Entre solidarité, contestation, convergence et renouveau
Résumé
Bien que les spécialistes aient souvent souligné le soi-disant attachement indigène aux «traditions», la religiosité des peuples autochtones et leurs expressions cosmologiques et rituelles ont néanmoins été caractérisées par un degré d'ouverture, de flexibilité et de créativité, ancré dans des modes dynamiques de trans-actions et trans-formations. De plus, une ontologie de relation/relationnalité semble guider leurs (re)configurations cosmologiques et leurs pratiques rituelles ; les relations avec les autres, humains et non-humains, avec la terre et leurs ancêtres, et avec diverses formes de pouvoir et de connaissances sacrés.
C'est en reproduisant cette relation que les peuples autochtones luttent pour maintenir leur sentiment d'être « à la maison dans le monde ». Dans le contexte économique et politique mondialisé d'aujourd'hui, leurs formes traditionnelles de solidarités religieuses et d'échanges évoluent de plus en plus rapidement. Un bon exemple de à cet égard est la façon dont les peuples indigènes, dans le monde entier, ont « indigénisé » diverses formes de christianisme charismatique. Le pluralisme religieux et spirituel est devenu une dimension intrinsèque des modes de vie indigènes. Dans le tissu social global d'un groupe indigène donné, ce pluralisme peut céder la place à des situations différentes, définies par la coexistence pacifique, les responsabilités imbriquées, les tensions et les contestations. Les participants à la session se pencheront sur ces questions en s'appuyant sur l'expérience ethnographique et le travail en découlant parmi les peuples autochtones des Amériques, de l'Australie et d'ailleurs.

STS #12
Modérateur-trice(s)    Audrey Lim
Titre    L'utilisation de la religion des médias sociaux
Résumé
La société change la manière dont elle communique. Internet a catapulté la société vers un nouveau mode de vie avec l'émergence des médias sociaux. Au 21e siècle, les gens créent des communautés en ligne pour partager leurs pensées et leur vie. Globalement, quatre personnes sur cinq parmi celles qui ont accès à internet utilisent les médias sociaux, et le plus populaire desdits médias sociaux est Facebook. Facebook compte plus d'un demi-milliard d'utilisateurs. Une personne sur douze utilise Facebook ! Par conséquent, les groupes religieux doivent être à la page face à l'évolution rapide de la société et s'adapter à ce changement dans leur culture. Une meilleure compréhension de l'utilisation des médias sociaux est nécessaire. Ils ont le potentiel d'être utilisés comme un outil de communication idéal pour établir des relations avec les gens. Les groupes religieux peuvent servir l'intérêt de la société en utilisant efficacement les médias sociaux de deux façons. Tout d'abord, les groupes religieux peuvent utiliser les médias sociaux, en particulier Facebook, pour encourager les gens. En encourageant les gens à utiliser les médias sociaux, les groupes religieux, renforcer les liens avec la société et renforcer l'amitié et le lien social. Deuxièmement, les groupes religieux peuvent utiliser les médias sociaux, en particulier Facebook, pour répondre à des besoins. En répondant aux besoins de leurs membres via les médias sociaux, les groupes religieux unissent la société autour de besoins spécifiques et autonomisent les gens pour des actes pratiques de service.

STS #13
Modérateur-trice(s)    Yaghoob Foroutan
Titre    Les musulmans en Occident : schémas et différences
Résumé
Cette section permet d'examiner les dimensions, les déterminants et les marquages associés au statut des musulmans dans les pays occidentaux. C'est une question importante, puisque ce groupe particulier est composé des adhérents de la religion à la croissance la plus rapide du monde, c'est-à-dire l'Islam. Cette table ronde met l'accent sur le statut des musulmans dans les contextes occidentaux en termes de caractéristiques socio-économiques et démographiques, y compris la dynamique de genre et le statut des femmes, la natalité et la fécondité, la participation au marché du travail et le statut d'employé, l'intégration et la discrimination, l'ethnicité et la religiosité.
Cette session aborde des questions clés, mais limitées, à savoir dans quelle mesure le statut des musulmans dans les sociétés occidentales est-il associé à leur identité religieuse ? En particulier, les musulmans diffèrent-ils des autres groupes religieux en termes de caractéristiques socio-économiques et démographiques ? Ces différences sont-elles identiques selon les groupes ethniques et les caractéristiques de composition ? Comment ces expériences sont-elles influencées par la religiosité des musulmans ? Ce panel accueille les études quantitatives et qualitatives qui abordent chacune des questions évoquées ci-dessus à partir des perspectives culturelles, économiques, démographiques et sociologiques.

STS #14
Modérateur-trice(s)    Mina Shojaee, Yaghoob Foroutan
Titre    Genre et religion : corrélations et causes
Résumé
Cette session se concentre sur la place de la religion dans la dynamique de genre et le statut des femmes. Le terme « religion » se réfère ici à toutes les religions du monde (christianisme, islam, bouddhisme, hindouisme, judaïsme, etc.), en se concentrant soit sur une religion spécifique, soit sur  les religions en général, afin de mettre en évidence leurs conséquences sur le statut des femmes à partir d'une perspective comparatiste. En particulier, ce groupe explique l'association entre la religion et le genre en ce qui concerne un large éventail de questions telles que les schémas de formation familiale, y compris le mariage, la maternité et la fécondité, la séparation et le divorce, les formes nouvelles et émergentes de formation familiale (cohabitation, la participation au marché du travail et le statut d'emploi, les migrations, les écarts intergénérationnels liés à l'impact de la religion sur le genre et le statut des femmes, etc.)
Ce panel aborde des questions clés telles que, comment le sexe et la religion sont-ils corrélés ? Si et comment le statut des femmes est associé à leur religion ? Qu'arrive-t-il à l'association entre religion et genre sur la migration ? Dans quelle mesure les variations intergénérationnelles existent-elles en fonction de l'effet de la religion sur le statut des femmes ? L'effet d'une religion spécifique sur le statut des femmes varie-t-il dans différents contextes culturels ? D'un point de vue comparatif, quels sont les effets des différentes religions (christianisme, islam, bouddhisme, hindouisme, judaïsme, etc.) sur la dynamique de genre et le statut des femmes ? Y a-t-il des déterminants plus importants que la religion sur le statut des femmes ? Nous invitons les études tant quantitatives que qualitatives portant sur l'association entre la religion et le genre dans les perspectives culturelles, économiques, démographiques et sociologiques.

STS #15
Modérateur-trice(s)    David Lehmann
Titre    La Religion des autres : mimétisme et réélaboration rituelle
Résumé
Les frontières qui protègent les traditions religieuses établies sont affaiblies dans de nombreuses circonstances. Les seules traditions jusqu'ici non affectées sont celles associées à l'islam. Le renouveau charismatique catholique emprunte largement au pentecôtisme ; les églises pentecôtistes empruntent au judaïsme ; les juifs messianiques invoquent Jésus, mais continuent à se rassembler dans ce qu'ils appellent des synagogues ; les traditions hindoues ont été rebaptisées et même institutionnalisées sous la protection du Raj britannique et ont ensuite migré avec succès à travers le monde pour être cooptées dans toutes sortes de styles de vie et de philosophies.
Il y a des emprunts explicites, et d'autres cachés : quand les prédicateurs néo-pentecôtistes au Brésil et en Afrique du Sud font allusion aux forces démoniaques sombres qui jaillissent du panthéon yoruba ou de la mystique zouloue, ils ne les nomment pas, mais quand ils proclament ouvertement leurs racines juives, l'Arche de l'Alliance ou même construisent des temples monumentaux en hommage à Salomon. Les prêtres catholiques au Brésil introduisent une Missa Africana invoquant une théologie officiellement reconnue de l'enculturation. Les juifs messianiques glissent discrètement une mention du Messie Yeshua dans les 18 bénédictions qui rythment chaque office.
Le sacré est censé se manifester dans des rites répétés dans le temps, jour après jour, semaine après semaine, année après année, mais ces exemples montrent qu’« honoré dans la durée » peut signifier honoré par « d'autres » traditions, alors même que les notions de tradition ou de patrimoine nécessitent d'être interrogées. Il semble que tous apprécient les « racines », mais surtout leurs propres racines.

STS #16
Modérateur-trice(s)    Yoshihide Sakurai
Titre    L’engagement religieux et le bien-être dans la région du Pacifique asiatique: recherche d’une articulation conceptuelle et méthodologique
Résumé
Les recherches sur la religion ont jusqu'ici été concernées tant de l'amélioration de vie que par l'environnement social des actions sociales de la religion et ses effets positifs sur la santé physique, la santé mentale et le capital  social, qui peut être des ressources importantes pour le bonheur. Cependant, pour considérer si les concepts et les indices de religion et le bien-être, qui est en grande partie basé à la croyance chrétienne et l'organisation religieuse, soulèvent des problèmes sur leur validité parmi des scientifiques asiatiques. La religiosité asiatique n'a pas la théorie de salut, mais a des rites héréditaires et la manipulation chamaniste/spiritualiste d'esprit pour intégrer l'individu dans des entités communes, qui supprime parfois des personnes socialement vulnérables. Donc, nous ne pourrions pas aboutir à une conclusion cohérente telle que l'engagement religieux et la participation religieuse autorisaient généralement le capital social, mental et personnel.
Cette session a pour but d'articuler le concept "de religion" et “de bien-être" et ensuite expliquer les relations entre eux, en passant en revue des études récentes des perspectives diverses de la sociologie des religions en Asie et des régions du Pacifique. En plus, par l'enquête(la vue générale) sociale générale et des études de cas(caisse) pratiquées dans ces régions, nous nous concentrerons sur la dimension profonde et diverse de bien-être et la religiosité des individus.
À cette session, nous nous attendons appliquer des perspectives multi-culturelles sur la religion et le bien-être et développer simultanément l'enquête(simultanément la vue générale) comparative à travers des régions différentes. De plus, si nous devons soutenir que la religion peut faire les gens(le peuple) heureux, il est nécessaire de remplir les écarts(trous) entre les découvertes d'enquêtes(de vues générales) générales et les études de cas de religions particulières. Inutile de dire, la collaboration pour résoudre cette tâche ne serait pas accomplie par des chercheurs de l'Asie-Pacifique seule, mais aussi par ceux qui pourraient d'une façon critique suggérer des idées sur la base de la théorie conventionnelle et la méthodologie de l'Ouest.

STS #17
Modérateur-trice(s)    Gang-Hua Fan
Titre    Religiosité et bien-être subjectif
Résumé
Le bien-être subjectif (BES), souvent mesuré par le degré de bonheur ou de satisfaction de la vie des répondants, est un indicateur majeur de la qualité de vie. Les mesures de BES reflètent les réactions émotionnelles et les jugements cognitifs du sujet dans l'ensemble des aspects de sa vie. Ces deux facettes pourraient être associées à son engagement religieux, car les religions peuvent améliorer les émotions positives et fournir des vues systématiques du monde à leurs adeptes. Des preuves empiriques menées aux États-Unis et en Europe suggèrent constamment une relation positive entre la religiosité et le BES. Par rapport aux personnes non religieuses, les religieux ont tendance à être plus heureux et plus satisfaits de leur vie. L'association entre religiosité et BES est souvent mesurée via l'état de santé. Les personnes religieuses ont tendance à éprouver moins d'anxiété et des symptômes déprimés et à maintenir des styles de vie plus sains que les personnes non religieuses. La relation entre le BES et les différentes dimensions de la religiosité est examinée et comparée. Comparativement à l'affiliation organisationnelle et aux pratiques privées, la vie religieuse semble plus étroitement en lien avec le BES. Assister aux services religieux une fois par semaine était associé à un degré plus élevé de bonheur et moins de symptômes dépressifs et d'anxiété. En outre, la foi personnelle tend à aider les gens à rester optimistes et pleins d'espoir dans leurs objectifs de vie.
Bien que beaucoup de recherches aient été consacrées au lien entre la religiosité et le BES au cours des deux dernières décennies, la recherche sur ce sujet se heurte encore à deux limites. Premièrement, la plupart des enquêtes existantes sur la relation entre la religiosité et le BES ont été menées dans les sociétés dominées par les traditions judéo-chrétiennes. Relativement peu d'études ont été faites dans des sociétés où l'islam, l'hindouisme, le bouddhisme ou d'autres religions sont les principales religions. Par conséquent, savoir si la relation entre la religiosité et le BES dans ces parties du monde présente les mêmes caractéristiques que dans les sociétés occidentales demeure un mystère. Deuxièmement, malgré la riche accumulation d'études empiriques sur ce sujet, des modèles théoriques sont nécessaires pour intégrer et expliquer ces constatations. Les questions doivent être abordées, y compris (mais non limitées à) : quels sont les mécanismes psychosociaux entre la religiosité et le BES ? Le mécanisme entre la religiosité et le BES est-il le même pour les personnes dans différentes positions sociales ou étapes de la vie ? Quelle dimension de la religiosité influence les plus le BES et pourquoi ?
Au vu de ce qui précède, cette session se consacre à des études sur l'association entre la religiosité et le BES. Pour enrichir notre compréhension de ce sujet, cette session accueille des études portant sur toutes sortes de religions et de sociétés, avec tous les paradigmes de recherche (qualitatifs, quantitatifs, empiriques et théoriques).

STS #18
Modérateur-trice(s)    Wei-hsian Chi, Yoshihide Sakurai
Titre    Médias et religion en Asie orientale
Résumé
Les médias modernes font des progrès du point de vue de la technologie depuis les années 1970. Celle-ci s'est développée à partir du mode de diffusion-audience en termes de radio et de télévision au mode interactif de Facebook, Twitter et Line-App. Les nouveaux médias changent la voie de notre communication dans de nombreux domaines, y compris le domaine religieux. En Asie de l'Est, l'équilibre de pouvoir entre religion et médias de masse est resté asymétrique jusqu'à la fin des années 1990. Les nouveaux médias, comme les sites Internet et les outils de réseautage social, ont toutefois permis aux citoyens et aux organisations civiques d'exprimer leurs idées politiques, religieuses et individuelles sur n'importe quel sujet. Ce développement récent fait des médias non seulement un outil de médiatisation de l'information religieuse et de travail missionnaire. L'apparition de nouveaux médias crée de nouvelles dimensions de la communication religieuse et transforme les anciennes formes de religion. Nous sommes maintenant à l'ère de la médiatisation religieuse, qui n'a pas été suffisamment étudiée du point de vue comparatif en Asie de l'Est. Au Japon, l'Aleph, groupe successeur de l'Aum, groupe cultuel qui a tué plus de trente citoyens par sa tristement célèbre attaque au gaz toxique, a par exemple accéléré son recrutement indépendamment de la loi de surveillance et du contrôle exercé par les autorités policières. À Taïwan, les nouveaux médias créent de nouvelles formes de groupement religieux et renforcent le phénomène de délocalisation religieuse. Tous ces phénomènes religieux liés aux médias doivent être examinés dans une perspective interlocale.
Cette session invite les contributions qui mettent l'accent sur les impacts des médias sur le développement religieux en Asie de l'Est.

STS #19
Modérateur-trice(s)    Julia Martínez-Ariño
Titre     Gouverner face à la diversité et aux conflits religieux urbains
Résumé
Alors que la plupart des démocraties libérales se définissent comme laïques et neutres vis-à-vis de la religion, les institutions étatiques s'appuient sur des groupes religieux pour favoriser la cohésion sociale et promouvoir la paix sociale. Ceci est particulièrement saillant à un moment où la religion, dans ses versions extrémistes, est perçue comme une menace pour la sécurité, pour les identités nationales et pour la cohésion sociale. Les groupes religieux sont souvent perçus comme autant de ressources pour la gouvernance et des alliés dans la lutte contre le terrorisme. La promotion du dialogue interreligieux par les pouvoirs publics est un exemple évident d'un tel intérêt politique vis-à-vis les organisations religieuses. Cependant, les États utilisent également d'autres outils politiques pour réguler les tensions dans des sociétés religieusement diverses.
Le but de cette session est d'aborder l'interaction entre les pouvoirs publics et les acteurs religieux dans le contexte de la gouvernance de la diversité religieuse et des tensions religieuses. Cette séance se concentre sur le niveau local, puisque les conflits relatifs aux expressions publiques de la religiosité se manifestent surtout en milieu urbain. Dans cette session, les villes ne sont pas seulement conçues comme des sites de présence de la diversité religieuse et des conflits religieux, mais aussi comme des contextes pertinents pour leur régulation publique.
En ce sens, les villes, en tant qu'espace politique, sont des sites de recherche importants pour observer comment les pouvoirs publics s'appuient de plus en plus sur les groupes religieux pour faire face à de telles situations. Des présentations sur les façons dont les villes gèrent la diversité religieuse et sur la résolution des conflits relatifs aux différences religieuses sont les bienvenues. Les cas analysant comment et pourquoi les responsables municipaux et les politiciens locaux créent des partenariats, des accords et d'autres formes de consultation et de collaboration avec des groupes religieux et d'autres organisations de la société civile, seront privilégiés. Les études analysant les instruments politiques novateurs utilisés pour réglementer la religion dans la ville sont particulièrement encouragées.

STS #20
Modérateur-trice(s)    Cristina Rocha, Paul Freston, Kathleen Openshaw
Titre    Christianismes pentecôtistes charismatiques globaux
Résumé
Depuis le milieu du vingtième siècle, on a pu observer une croissance massive à l'échelle mondiale du Christianisme Pentecôtiste-Charismatique (CPC). Les chercheurs ont noté que cette croissance a été importante dans le Sud (dans toute l'Amérique latine, en Afrique et dans certaines parties de l'Asie), mais elle est également significative dans l'hémisphère Nord (notamment aux États-Unis, au Canada et en Australie). Les CPC sont très aisément exportables, étant donné l'accent mis sur les expériences personnelles de salut, la glossolalie, la guérison divine, l'exorcisme et le prophétisme, lesquelles peuvent facilement être adaptées aux paramètres locaux. Cette expansion rapide est également étroitement liée au développement des technologies de communication de l'information (TCI).
Plus récemment, les CPC ont été transportés par les migrants du Sud vers le Nord. LE CPC peut offrir aux migrants une communauté de soutien prête à l'emploi, et une vision du monde théologique qui donne un sens à leurs difficultés, en recadrant leur voyage physique en termes spirituels. Nous invitons les participants à une discussion sur les échanges sociaux complexes qui accompagnent la croissance mondiale du CPC. Nous espérons répondre à certaines de ces questions: Comment les CPC de par le monde négocient-ils leur présence dans les paysages culturels locaux ? Quel est le rôle des TCI dans cette expansion ? Comment cette expansion brouille-t-elle les frontières entre le religieux et le laïc, le privé et le public ? Comment les prédications, souvent conservatrices, de beaucoup de CPC dialoguent-elles avec un courant dominant laïque ? Quel rôle jouent les CPC dans la vie quotidienne des migrants ? Comment le CPC s'engage-t-il dans les domaines de la politique, de l'éducation, des médias, de l'économie et du bien-être social ? Comment les liens entre communautés relevant d'une forme ou d'une autre de CPC sont-ils mis à contribution dans la résolution des conflits de toutes sortes ?

STS #21
Modérateur-trice(s)    Norihito Takahashi, Tatsuya Shirahase
Titre    L'Engagement multiculturel des organisations religieuses dans le contexte est asiatique
Résumé
Dans l'histoire de l'Asie de l'Est, le confucianisme et le bouddhisme ont été les principales traditions religieuses, des acteurs chinois ont été cruciaux dans leur mise par écrit. Dès lors, les Asiatiques de l'Est ont partagé de nombreuses similitudes en ce qui concerne leurs religions, leurs modes de vie et leurs valeurs. Cependant, à l'ère moderne, les relations entre chacun de ces domaines sont devenues plus compliquées et de graves conflits se sont souvent produits. En conséquence, ces dernières années les peuples d'Asie de l'Est ont eu tendance à faire attention non à leurs similitudes, mais à leurs différences.
Beaucoup de pays d'Asie de l'Est ont envoyé de nombreux émigrants dans d'autres pays. Cependant, certains endroits, comme Hong Kong, Taïwan, la Corée du Sud, le Japon, etc., acceptent maintenant les immigrants. Ils attirent des travailleurs migrants non qualifiés venus d'autres régions de l'Asie de l'Est, du Sud-Est ou du Sud afin de combler leur pénurie de main-d'œuvre, due au vieillissement de la population, à la baisse des taux de natalité et au peu d'intérêt que certaines tâches suscitent ces les jeunes travailleurs autochtones. Bien que l'augmentation de l'immigration ait diversifié les cultures religieuses de leurs sociétés d'accueil, l'influence sociale des principaux groupes religieux établis sur les populations immigrées reste pratiquement inchangée. Par exemple, les groupes bouddhistes établis ont maintenu une autorité relativement forte dans la société traditionnelle japonaise, mais n'ont pas activement enrôlé les immigrants au Japon.
D'autre part, certains groupes religieux avec des membres de minorités ethniques ont réussi à satisfaire à la fois leurs exigences spirituelles et leurs besoins matériels (droits de l'homme, emploi et maintien de leur langue et culture ethniques, etc.). En dépit de ces similitudes dans les pays d'Asie de l'Est, nous n'avons pas suffisamment pris en considération les points communs et les relations jusqu'ici.
Dans cette session thématique, nous voudrions discuter des conditions actuelles en Asie de l'Est et du potentiel d'engagement plus actif des groupes religieux pour faire réussir le multiculturalisme dans chacune de ces sociétés. En outre, nous espérons pouvoir adopter des perspectives différentes de celles des sociétés occidentales, qui ont historiquement été les récepteurs de l'immigration de masse.

STS #22
Modérateur-trice(s)    Elisabeth Arweck
Titre    Les jeunes face à la diversité religieuse
Résumé
Cette session traitera de l'attitude des jeunes face à la diversité religieuse, à partir du texte édité par Elisabeth Arweck, publié en 2017 par Ashgate/Routledge. Ce livre comble une lacune dans les connaissances sur les attitudes des jeunes à l'égard de la diversité religieuse, en communiquant des données recueillies dans l'ensemble du Royaume-Uni. Il comprend des chapitres comparatifs sur le Canada, les États-Unis et l'Europe continentale. Les contributeurs présentent les résultats des recherches qualitatives et quantitatives recueillies au cours d'un projet de trois ans financé par le programme Religion et Société de l'ESRC/AHRC, lesquelles révèlent par exemple l'importance du contexte social et géographique particulier dans lequel les jeunes sont intégrés. Ils abordent également l'attitude des jeunes vis-à-vis de l'éventail des « religions du monde » ainsi que les positions non religieuses et offrent une approche interdisciplinaire à travers leurs perspectives analytiques respectives. Un ensemble de critiques internationaux commenteront le contenu du livre en présence de l'éditeur et de quelques contributeurs.

STS #23
Modérateur-trice(s)    Philip Hughes
Titre    Pentecôtisme, coopération et conflit dans les sociétés diverses
Résumé
Alors que de nombreuses formes de religion ont reculé en termes de nombre d'adhérents en Australie, comme dans beaucoup d'autres parties du monde occidental, au cours des 50 dernières années, le pentecôtisme s'est développé à un rythme étonnant. En Australie, il est passé d'une petite secte dans les années 1960 au deuxième groupe religieux en importance à l'échelle du pays entier.
Cependant, le débat se poursuit à l'intérieur et à l'extérieur du pentecôtisme quant à sa place dans la société contemporaine. Le Pentecôtisme est-il une secte qui offre un refuge à ceux qui veulent se retirer du pluralisme et du libéralisme de la société occidentale contemporaine ou est-il la manifestation la plus récente de cette section de l'Église qui met l'accent sur les expériences extatiques et les « signes de l'Esprit » ? Dans quelle mesure a-t-elle grandi parce qu'elle offre une certitude dans un monde où les valeurs morales et le sens de la vie sont incertains et, si c'est le cas, contribue-t-il à un manque d'harmonie dans un monde diversifié ? Alors que son eschatologie était importante dans sa formation, dans quelle mesure continue-t-elle de générer l'espoir d'une vie meilleure au-delà ? Ou encore est-ce surtout un groupe de motivation qui aide les gens à réussir en « revendiquant la victoire » dans cette vie ? Est-ce que le pentecôtisme développe des façons de « faire pression » sur les gouvernements et les entreprises pour qu'ils respectent ses valeurs morales et religieuses spécifiques ?
Cette session explorera la place et le fonctionnement du pentecôtisme dans la société occidentale contemporaine et les façons dont il contribue à la fois au conflit et à l'harmonie dans un monde diversifié.

STS #24
Modérateur-trice(s)    Tadaatsu Tajima, Yu-shuang Yao
Titre    Nouveaux mouvements religieux et religions établies face à la globalisation/glocalisation en Asie
Résumé
Les religions établies telles que le bouddhisme, le christianisme, le confucianisme, l'hindouisme et l'islam ont été introduites dans les pays asiatiques avant le début de la période moderne. Quant à la modernisation, elle a également donné naissance aux Nouveaux mouvements religieux (NMR). Par la suite, la religion établie et les NMR ont été mondialisés depuis la fin du 20e siècle. Les NMR nés en Asie sont maintenant répandus dans le reste du monde. En retour, les NMR qui y sont nés ont été introduits dans les pays asiatiques. Cette mondialisation provoque parfois des changements au sein des NMR, ainsi que des religions établies. Dans cette session, nous aimerions discuter de la façon dont les NMR et les religions établies, qu'elles soient autochtones ou non, sont confrontés à la mondialisation et à la glocalisation dans le contexte asiatique.

STS #25
Modérateur-trice(s)    Magdalena Nordin, Lene Kühle
Titre    La Religion dans les institutions publiques
Résumé
La religion dans les institutions publiques est un site pertinent pour explorer la coopération et les conflits dans les sociétés diverses. Les recherches antérieures dans ce domaine portent en grande partie sur les conflits et la gouvernance de la religion par les institutions publiques, mais nous estimons qu'il faut également tirer des enseignements des situations de coopération où les conflits ne font pas partie du processus et où les institutions publiques sont régies par les institutions religieuses ou par des figures religieuses. Les processus de négociation, de contestation, d'accommodement et de coopération entre la religion et les institutions publiques montrent non seulement comment les sociétés contemporaines réagissent à la pluralité religieuse, mais contribuent aussi à éclairer la façon dont les États nationaux transforment l'idée de laïcité. Cette session vise à rassembler des chercheurs qui étudient la relation entre la religion et les institutions publiques telles que - mais pas exclusivement - les hôpitaux, les prisons ou les écoles au niveau de l'État, du groupe et de l'individu.

STS #26
Modérateur-trice(s)    Nonka Bogomilova Todorova
Titre    "La nation choisie par Dieu": une construction mythologique potentiellement génératrice de conflits
Résumé
La religion devient un rouage vital de l'idéologie d'une nation, ou d'une communauté, dès lors qu'elle se trouve directement liée et subordonnée à la reproduction culturelle, politique, etc., de la communauté en question et quand elle est absorbée dans la mythologie d'un groupe. Une de ses fonctions essentielles dans le processus  qui l'instrumentalise est de fournir un socle au statut ontologique du groupe, pour le droit du groupe à l'existence autonome d'une part, et d'autre part pour la supériorité du groupe, son autorité.
Dans de telles situations, la religion est transformée en étendard qui représente la communauté particulière par opposition à l'altérité ethnique, linguistique, psychologique, au détriment de la foi et du comportement moral associé. Ainsi, l'universalité religieuse est subordonnée aux valeurs d'un groupe particulier, au lieu de les transcender et de les renforcer. Les mécanismes de l'instrumentalisation sont les suivants : 1) la mythologie du groupe élimine l'attrait universel et général de la religion et des liens qui lient avant tout à sa propre origine et à son passé héroïque ; 2) l'accent est mis sur la valeur morale et spirituelle de la religion pour l'individu et ses fonctions symboliques de groupe ; 3) une mobilisation activiste et la transformation de la doctrine religieuse ont lieu.
En fait, d'un point de vue interne à la religion, une telle action ne peut en aucun cas être considérée comme religieusement motivée ; les exemples historiques le démontrent.

STS #27
Modérateur-trice(s)    Mia Lovheim
Titre    Médias et diversité religieuse : conflit et coopération
Résumé
Le rôle des médias dans le développement des conflits autour de la diversité religieuse est souvent mentionné dans les recherches sociologiques actuelles sur la religion. Pourtant, les chercheurs font face à un manque de perspectives analytiques plus  formelles et un travail empirique est nécessaire pour comprendre ces interactions complexes dans divers contextes religieux et nationaux. Cette session invite des contributions sur la façon dont la diversité religieuse se croise avec d'autres facteurs influant sur la coopération ou les conflits, en se concentrant sur la façon dont les médias, sous diverses formes, représentent la diversité religieuse et définissent les conditions dans lesquelles les acteurs des groupes religieux minoritaires et majoritaires trouvent des moyens d'utiliser lesdits médias pour articuler leurs croyances. La session accueille les communications qui s'engagent dans le développement de théories de la médiatisation ou de la religion et du conflit, et les études de cas empiriques sur la médiation de la diversité religieuse, les conflits autour de la religion et la coopération religieuse dans divers contextes religieux et culturels.

STS #28
Modérateur-trice(s)    Elisabeth Arweck
Titre    Education et socialisation religieuses : la voie de la coopération et de la réduction des conflits dans les sociétés diverses ?
Résumé
Bien que les médias aient tendance à mettre en évidence les aspects clivants des religions et leur potentiel de conflit, l'un des objectifs de l'éducation religieuse a été d'aider les jeunes à comprendre les positions des croyants (religieux ou non), et de façonner leurs attitudes vis-à-vis des personnes d'horizons différents. De même, la socialisation religieuse vise à introduire les jeunes à une meilleure connaissance des croyances et les traditions de la communauté de foi au sein de laquelle ils grandissent. Ainsi l'éducation religieuse et la socialisation sont autant de perspectives à partir desquelles examiner la contribution des religions à la coopération et à la réduction des conflits dans les sociétés qui sont caractérisées par la diversité religieuse. Cette session cherchera à adopter cette perspective. Les contributions sur ce sujet sont les bienvenues.

STS #29
Modérateur-trice(s)    Zoran Matevski
Titre    Communautés de foi, groupes religieux et tolérance en Europe du Sud-Est
Résumé
Prenant en considération le caractère multi-ethnique, multiconfessionnel et multiculturel de l'Europe du Sud-Est, la tolérance religieuse en est l'un des principes fondamentaux. Ce fait met en lumière l'importance des communautés religieuses et des groupes religieux, en Europe du Sud-Est, dans la proclamation et la pratique de la tolérance religieuse. Gardant cela à l'esprit, cette session tentera de répondre aux questions suivantes :
Quelle est l'attitude des communautés de foi et des groupes religieux en Europe du Sud-Est quant à la tolérance religieuse ?
Quels sont les éléments récurrents et les différences entre les diverses pratiques de cette tolérance religieuse ?
Est-ce que ce principe parvient à jouer son rôle de modérateur dans les sociétés multiethniques et multiconfessionnelles du sud-est de l'Europe ?
Est-ce que l'idée de tolérance religieuse ou ethnique émerge des valeurs religieuses elles-mêmes (chrétiennes ou musulmanes) ?
Quel est le rôle des communautés de foi et des groupes religieux dans la période post-conflit dans laquelle évoluent désormais ces pays ?
Est-ce que les communautés de foi et les groupes religieux permettent de détendre, ou au contraire d'aggraver les tensions entre ethnies ?
Quelles sont les caractéristiques principales de la tolérance religieuse dans les contrées du Sud-Est européen ?
Quelle est l'attitude des représentants de l'élite politique face au problème de la tolérance religieuse, en tant que détenteurs d'un certain pouvoir social dans les sociétés d'Europe du Sud-Est ?

STS #30
Modérateur-trice(s)    Elena Lisovskaya
Titre    Vers une sociologie de l'icône et de l'iconographie
Résumé
Il s'agit de la deuxième réunion de l'ISSR portant sur le domaine nouvellement constitué de l'étude scientifique et sociale de l'icône et l'iconographie. La recherche sociociologique sur les icônes et le rôle de l'iconographie dans la société et la culture est peu abondante. L'icône, en tant qu'image du divin et du sacré, a été importante dans la tradition chrétienne et surtout dans la tradition chrétienne orientale. Dans celle-ci, les icônes ont toujours été présentes dans la liturgie, le décor de l'église et les pratiques religieuses personnelles. Cependant, la représentation iconique du sacré existe dans d'autres traditions religieuses, comme le bouddhisme, tandis que c'est un tabou dans des traditions telles que le judaïsme ou l'islam.
Les icônes ont été l'objet de dispositions sociales allant de l'adoration à la persécution féroce. Elles ont été transmises de génération en génération, et remplissent actuellement les murs des musées les plus célèbres du monde. Pourtant, elles ont aussi été interdites et détruites. Les icônes ont été impliquées dans des conflits religieux et politiques. Pourtant, elles sont également utilisées pour l'intégration sociale, la guérison et la paix. Elles ont attiré et incarné la vertu pour les croyants et les non-croyants, comme en témoignent, par exemple, les pratiques mondiales des ateliers d'iconographie et des industries de production d'icônes. Cette session interrogera les significations et les fonctions sociales et culturelles des icônes en tant qu'objets et agents, dans le contexte de la stabilité sociale ou celui du changement. Nous invitons notamment les contributeurs à parler de la place des icônes dans les traditions et cultures chrétiennes ou religieuses en général, et de leur valeur sociale, ainsi que de leur impact.

STS #31
Modérateur-trice(s)    Conrad Hackett
Titre    Religion et niveau d'éducation dans le monde
Résumé
Cet hiver, le Centre de recherche Pew publiera la première étude mondiale sur la religion et l'instruction, montrant de grandes différences dans le niveau de scolarité entre les groupes. L'étude mettra en évidence comment les hommes et les femmes au sein de chaque religion varient quant à leur niveau d'éducation, ainsi que la façon dont les modèles changent d'une génération à l'autre. Le rapport expliquera les tendances observées, y compris les grandes disparités entre chrétiens et musulmans en Afrique subsaharienne.

STS #32
Modérateur-trice(s)    Conrad Hackett
Titre    Perspectives et défis dans l'étude des religions d'Asie
Résumé
Les études quantitatives sur la religion en Asie ont souvent formulé des questions de recherche d'une manière qui aurait été plus adéquate pour étudier les religions abrahamiques que pour se pencher sur le bouddhisme, l'hindouisme et les nombreuses autres religions « indigènes » de l'Asie. Cette session fournira un forum pour les recherches les plus récentes, sur les opportunités et les défis dans l'étude des religions asiatiques.

STS #33
Modérateur-trice(s)    Kees de Groot
Titre    Religion en prison
Résumé
Cette session compte s'intéresser aux travaux en cours sur les relations entre la religion et la prison dans différents pays européens et ailleurs. Après des travaux de séminaires d'auteurs tels que James Beckford, plusieurs chercheurs rassemblent et analysent des données sociologiques et juridiques sur la religion en milieu carcéral, notamment en Europe. Leur intérêt se porte sur la position de la religion dans les institutions pénitentiaires, en particulier les relations entre l'Église et l'État, l'organisation de l'aumônerie, la représentation des religions parmi la population carcérale et la liberté d'expression dans les murs des prisons. Tous les chercheurs travaillant sur ces questions sont invités à soumettre une contribution pour cette session. Les aspects juridiques et sociaux doivent être pris en compte. Le cas du système pénitentiaire est traité comme une porte d'entrée pour réfléchir sur la religion et les institutions publiques. Les comparaisons internationales sont les bienvenues.

STS #34
Modérateur-trice(s)    Michele Dillon
Titre    Le Catholicisme post-séculier
Résumé
Le catholicisme contemporain est parfaitement adapté à une analyse conceptuelle post-séculière. Récemment introduit par le célèbre théoricien allemand Jurgen Habermas, le post-séculier vise à remanier les traditions religieuses pour aider à reformuler une « modernité contrite » face aux échecs de la modernité – tels que les inégalités économiques, l'exclusion sociale et l'indifférence politique à l'égard de ces problèmes . Habermas soutient que les normes, les intuitions éthiques et les diverses formes de solidarité morale d'une tradition religieuse peuvent être utiles pour recadrer les problèmes en jeu, et délivrer une impulsion émancipatrice à l'adoption par la société de politiques et de pratiques plus propices à l'égalité sociale et au bien commun. Entre autres critères, le post-séculier appelle à un dialogue autocritique et réflexif entre les acteurs religieux et laïques. Cette session évaluera la mesure dans laquelle l'Église catholique pourrait être considérée comme un acteur post-laïque.

STS #35
Modérateur-trice(s)    Vyacheslav Karpov
Titre    Sécularisation et anti-sécularisation : perspectives théoriques et comparées
Résumé
Selon Peter Berger (1999), l'interaction entre les tendances et les forces sécularisant et anti-sécularisantes est l'un des aspects les plus importants de la sociologie moderne de la religion. La théorie récente a reconnu la nécessité d'étendre l'étude des tendances sécularisantes et anti-sécularisantes au-delà de l'Europe et de l'Amérique du Nord. Qui plus est, on comprend de plus en plus l'intérêt scientifique qu'il y a à envisager de multiples sécularisations (et des contre-sécularisations qui émergent en réaction à celles-ci) comme autant de phénomènes singuliers plutôt que de mégatendances universelles. De plus, des arguments convaincants sont avancés en faveur d'une approche axée sur les acteurs, qui considère la sécularisation et l'anti-sécularisation non comme des sous-produits de la modernité, mais comme le travail d'acteurs et de militants sociaux spécifiques.
Parallèlement aux conceptions évolutives plus habituelles de la sécularisation, la théorie récente se concentre sur la sécularisation et la contre-sécularisation envisagées comme des révolutions. Ces concepts demandent un réexamen théorique des cadres habituels dans lesquels la sécularisation et l'anti-sécularisation sont envisagées, ainsi qu'un élargissement radical de la recherche comparative sur ces questions. Cette session thématique invite les travaux qui contribuent aux tâches susmentionnées d'analyse théorique et comparative des multiples tendance poussant à la sécularisation ou à l'anti-sécularisation dans les sociétés modernes. Les articles qui tirent des enseignements théoriques à partir de la recherche comparative ainsi que des articles purement théoriques sont les bienvenus. Bien que les contributions portant sur toutes les régions et toutes les traditions religieuses soient bien accueillies, les présentations qui tiennent compte des développements en dehors de l'Europe occidentale et de l'Amérique du Nord sont particulièrement encouragées.

STS #36
Modérateur-trice(s)    Giuseppe Giordan, Siniša Zrinščak
Titre    Religions et Droits de l'Homme
Résumé
La relation entre la religion et les droits de l'homme est depuis longtemps un sujet de controverses. L'objectif de cette session thématique est d'explorer les liens complexes entre la religion et les droits de l'homme, en soulignant que la définition et l'application de ces deux concepts sont influencées par les différents contextes sociaux et culturels dans lesquels ils sont envisagés.
A partir des changements géopolitiques qui ont touché la société contemporaine à l'échelle mondiale, la session entend évaluer de manière critique les deux principaux récits sur ce thème : d'une part les religions comprises comme un élément s'opposant à l'affirmation des droits de l'homme et d'autre part les religions considérées comme des organismes facilitant la mise en œuvre des droits de l'homme. Les droits religieux, compris comme droits individuels et/ou collectifs, sont également contestés. La question est de savoir comment les traditions religieuses et les nouvelles communautés religieuses abordent les questions relatives aux droits de l'homme. Comment les États gèrent-ils les traditions religieuses et la diversification religieuse ? Comment le discours et les pratiques en matière de droits de la personne sont-ils affectés par le contexte social ?
Nous recherchons des contributions qui font avancer le cadre théorique et conceptuel par rapport au sujet, et qui peuvent également contribuer au recueil de nouvelles données et informations sur ce sujet. Les réflexions méthodologiques sont également les bienvenues, car la recherche sur les religions et les droits de l'homme soulève toute une série de questions méthodologiques et épistémologiques intéressantes.

STS #37
Modérateur-trice(s)    Yoshihide Sakurai, Kikuko Hirahuji
Titre    Recherches et éducation religieuses dans l'Asie-Pacifique de nos jours
Résumé
Les pays d'Asie de l'Est ont en commun des cultures religieuses issues du confucianisme, du bouddhisme et du taoïsme avec leurs communautés autochtones. Les traditions de culte des ancêtres et le chamanisme. Leurs cultures religieuses ont également été diversifiées par l'introduction de l'islam et du christianisme. La diversité et le syncrétisme religieux sont encore renforcés par de nouveaux courants religieux et par la mondialisation.
Cependant, les universitaires et les étudiants comprennent chaque jour un peu mieux ce cadre si riche, et pour ce faire s'appuient sur des concepts basés sur le christianisme occidental, la théorie organisationnelle religieuse basée sur l'église et le modèle de changement socio-religieux issu de leur culture religieuse. Beaucoup réalisent la difficulté de comprendre leur propre culture et institutions religieuses en utilisant ces concepts et théories occidentaux. Même la terminologie telle que la diversité, le mélange, la diffusion, l'hybridité, etc. semble insuffisante pour décrire la scène religieuse de notre passé et de notre présent.
Dans cette session, nous voudrions inviter des chercheurs qui ont interrogé ce cadre théorique et les laisser discuter et échanger à propos de leurs recherches, afin de faire avancer les études religieuses. En outre, nous inviterons également des contributions qui traitent du système d'enseignement et de transmission des religions contemporaines dans un pays donné et dans le monde. Nous attendons des chercheurs d'Asie-Pacifique, mais aussi ceux qui pourraient suggérer de manière critique des idées basées sur la théorie conventionnelle et la méthodologie occidentale.

STS #38
Modérateur-trice(s)    Heiner Meulemann
Titre    Célébrations des âges de la vie : un reliquat de la religion après la sécularisation
Résumé
Des études représentatives montrent un déclin notable des croyances religieuses, des dogmes et des pratiques chrétiennes, comme la présence à l'église et la prière, dans les pays modernes, notamment en Europe occidentale et aux États-Unis. Globalement, ces tendances sont désignées comme la « sécularisation ». Cependant, les célébrations des transitions des cours de vie ou des rites de passage - baptême, initiation, mariage et funérailles - désignées comme casualia dans la loi canonique catholique ou les services dans la théologie protestante sont moins touchés par ce déclin. Pourquoi ? C'est cette question qui sera examinée. En raison de leur persistance relative, il peut être nécessaire de se pencher sur leur rôle dans les parcours de vie, mais pas nécessairement métaphysiquement, mais aussi sur le plan de ses effets concrets et matériels. La célébration des rites des passages peut être un résidu culturel après la sécularisation, ce qui reste de la religion devenant laïque. Les contributions qui explorent les implications de ces célébrations, leur signification dans la sécularisation et leur évolution sont les bienvenues.

STS #39
Modérateur-trice(s)    Roberto Cipriani
Titre    La religion diffuse. Au-delà de la sécularisation
Résumé
La « religion diffuse » moderne n'est pas très différente de celle du passé. En effet, c'est précisément sa persistance qui lui donne son caractère singulier, que Claude Lévi-Strauss aurait décrit comme un noyau dur, lequel n'est pas aisément touché par le temps, mais soumis à des variations qui ne sont pas faciles à percevoir. Si quelque chose a changé, c'était à un niveau secondaire qui concerne les détails plutôt que la substance. La religion diffuse est le résultat d'un vaste processus de socialisation religieuse qui continue d'imprégner la réalité culturelle. Le caractère omniprésent de la religion naît de la religion elle-même et est fortement imprégné de connotations religieuses.
La religion des « valeurs diffuses » inclut les catégories centrales du comportement religieux. Ainsi, le cadre de la religion non institutionnelle apparaît beaucoup plus large, étant basé sur des valeurs partagées, qui sont représentées par des choix concernant les principes directeurs de la vie. Il est raisonnable de soutenir que nous sommes en présence non seulement d'une religion basée sur des valeurs largement partagées, puisqu'elles ont été diffusées principalement par la socialisation primaire et, plus tard, secondaire, mais ces mêmes valeurs peuvent être vues comme une sorte de religion. Cette religion a des inspirations et des mobiles profanes et séculiers.

STS #40
Modérateur-trice(s)    Torkel Brekke
Titre    Aime ton prochain ? Les effets du christianisme sur l'attitude et les politiques publiques quant aux immigrés musulmans en Europe
Résumé
Cette session thématique traite d'un aspect important, mais peu étudié des diverses réactions européennes à l'afflux de réfugiés d'origine musulmane et, plus généralement, à l'immigration issue de pays majoritairement musulmans.
Il semble y avoir un malaise grandissant parmi les politiciens et les chercheurs, au sujet du potentiel de conflits de la diversité religieuse croissante en Europe. Les symboles chrétiens et le récit associé sont souvent invoqués dans la politique européenne, parfois par des groupes xénophobes et des individus y appartenant. Certains mouvements d'extrême-droite considèrent l'immigration des musulmans comme une menace pour la civilisation chrétienne européenne. Pourtant, il y a peu de recherche sur les rôles que le christianisme joue dans l'élaboration des positions politiques à l'égard de la diversité religieuse croissante et envers les groupes minoritaires en Europe aujourd'hui.
Certaines recherches récentes sur les liens entre la religiosité et les attitudes à l'égard de l'immigration, les résultats indiquent de nombreuses tendances apparemment contradictoires et il est difficile de faire des généralisations sur les mécanismes à l’œuvre. Certaines études ont cherché des liens entre la religiosité chrétienne et le vote pour les partis de droite radicale dans les pays européens, mais aucune corrélation convaincante n'a été établie. Dans certains contextes, la religiosité est associée à des attitudes plus positives envers les immigrants d'une religion différente. Des études aux Pays-Bas et en Belgique dans les années 1990 ont analysé la relation entre l'implication de l'église, l'ethnocentrisme et la tendance à voter pour les partis radicaux de droite, comme le Vlaams Blok. Ces études ont révélé que les chrétiens pratiquants réguliers étaient moins susceptibles d'avoir des attitudes négatives envers les immigrants musulmans que les chrétiens moins pratiquants.
Cette session thématique invite les contributions ayant recours à diverses méthodes, et qui traitent des rôles possibles que le christianisme peut avoir dans la formation et la justification des attitudes envers les réfugiés et migrants musulmans, ainsi que les politiques sur l'immigration issue de pays majoritairement musulmans.

STS #41
Modérateur-trice(s)    Victor Roudometof
Titre    Le Saint Concile des Églises orthodoxes
Résumé
En 2016, le Grand et Saint Concile des Églises orthodoxes s'est tenu en Crète, en Grèce. Il s'agissait d'un concile très attendu et son organisation a été mouvementée et contestée. Dans cette session, les contributions sont invitées sur tous les aspects liés à l'événement. Il peut s'agir, entre autres, des thèmes suivants : la place du Concile dans l'histoire des Églises orthodoxes, son infrastructure organisationnelle, les décisions politiques prises au Concile et leur impact probable, les différends entre les Églises orthodoxes concernant le Concile, son impact sur la diaspora orthodoxe, son effet sur l'organisation juridictionnelle de l'Église orthodoxe au XXIe siècle, et son effet potentiel sur les relations interreligieuses et les rapports avec les autres branches du christianisme.

STS #42
Modérateur-trice(s)    Joëlle Allouche-Benayoun
Titre    Judaïsme, judaïcités. Mutations et évolutions du monde juif contemporain
Résumé
Les sociétés occidentales  s'inscrivent dans une tendance longue de sécularisation, une « sortie de la religion » (Gauchet 1985), avec dans le même temps des revendications et une présence accrue du religieux dans l'espace public . Qu'en est-il du judaïsme? du rapport des états occidentaux avec leurs populations juives alors qu'elles sont de plus en plus souvent confrontées à la montée inexorable de l'antisémitisme, porté d'une part par l'extrême droite, d'autre part par une partie des populations musulmanes? Comment les populations juives en Europe et aux USA se positionnent-elles en retour par rapport à ce danger existentiel pour elles, mais aussi en tant que membres à part entière de ces sociétés, par rapport aux débats politiques et sociétaux plus globaux, concernant bioéthique, euthanasie, avortement, mariage pour tous,  etc. Qu'en est-il de  l'intervention des autorités religieuses juives dans le débat public sur tous ces plans ? Dans la continuité des sessions précédemment organisées au sein de la SISR, cette session se veut un espace de réflexion  ouvert aux spécialistes de toutes disciplines: sociologie, philosophie, histoire, anthropologie, etc.

STS #43
Modérateur-trice(s)    Suzana Ramos Coutinho
Titre    Migration, religion et identité
Résumé
Nous souhaitons discuter des différents aspects de la religiosité, au sein des différents groupes de migrants. Le contexte actuel autour des migrants (et la façon dont les différents gouvernements créent/transforment/adaptent de nouvelles politiques publiques pour répondre aux besoins fondamentaux des nouveaux arrivants) nous aident à discuter de la transition et de l'évolution de la religiosité indigène vers un nouveau modèle, qui accueille différents éléments appartenant à la nouvelle « scène religieuse » et qui aide à forger une perception spécifique de l'imaginaire et l'identité de l'immigrant. À partir de cette réalité, nous cherchons également à mettre en lumière de nouvelles méthodes et stratégies de collecte et d'analyse de données afin d'apporter une contribution plus précise à la compréhension des différents groupes.

STS #44
Modérateur-trice(s)    Dorota Hall, Dinka Marinović Jerolimov
Titre     La crise des réfugiés” en Europe centrale et orientale
Résumé
Le but de cette session est de susciter la réflexion sur des questions sociales touchant ce que les médias ont appelé « la crise des réfugiés ». L’objet principal de la session est l’Europe centrale et orientale, une région dont les pays semblent partager, dans ce contexte particulier, certaines caractéristiques communes. Une grande partie des pays de la région n’ont que très peu d’expérience avec des migrants et des minorités musulmanes. Aussi, les hommes et les femmes qui quittent les zones de guerre ne considèrent pas ces pays comme destination privilégiée. La question des réfugiés provenant du Moyen-Orient et de l’Afrique suscite néanmoins de vifs débats et des mobilisations, pro- et anti- réfugiés, tout comme une attitude apathique et un retrait de la participation civique. Une attitude négative face aux réfugiés semble prévaloir en Europe centrale et orientale et se traduit, dans la sphère politique, par l’objection des membres du groupe de Visegrad (la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie et la Hongrie) au programme de relocation conçu au niveau de l’Union européenne.
La présente session cherche des questions à un ensemble de questions touchant à la fois l’imagination sociale et l’(in)activité sociale face aux réfugiés en Europe centrale et orientale. Jusqu’à quel point les réactions dominantes sont enracinées dans un contexte religieux ? Quel rôle joue l’image des réfugiés, présentés comme des croyants musulmans, dans ce contexte ? Est-ce que les attitudes et les mobilisations, à la fois pro- et anti- réfugiés, sont sous-tendues par la religion (les institutions religieuses et des individus aux motifs religieux) ? De quelles manières la religion est-elle impliquée dans les discours de violence contre les réfugiés (au plan des justifications et des actions des institutions religieuses) ? Et comment la religion stimule-t-elle une attitude favorable et accueillante face aux réfugiés et aux activités mises en place pour les soutenir ? Comment la religion influence-t-elle les positions des politiques sur des questions touchant les réfugiés ? Nous encourageons la soumission de propositions liées à ce type de questions.

STS #45
Modérateur-trice(s)    Juliette Galonnier
Titre    Les musulmans européens face aux assignations raciales
Résumé
Cette session thématique sollicite des contributions explorant l’intersection entre catégories raciales et religieuses dans le cas de l’islam en Europe. L’objectif est de réfléchir à la pertinence des concepts de « race », racisme et racialisation pour appréhender les expériences des musulmans européens. La « racialisation de la religion » correspond ici au processus d’assignation de caractéristiques somatiques, phénotypiques et morales, perçues comme héréditaires et immuables, à des groupes jusqu’ici définis en termes religieux. Malgré leur diversité ethnique et culturelle, les musulmans européens sont souvent amalgamés au sein d’une catégorie raciale homogène (arabe, turque, pakistanaise, etc.). A l’inverse, les individus appartenant à ces groupes ethniques sont fréquemment « religio-isés » comme musulmans, quelles que soient leurs croyances religieuses réelles. La figure stéréotypée du « Musulman » est alors dotée d’attributs ambivalents puisqu’elle combine croyance, origine nationale, ethnicité, culture, phénotype, couleur de peau et caractéristiques morales négatives. Elle participe de l’essentialisation et de la stigmatisation durable des musulmans européens. Cette session thématique propose de renouveler les réflexions autour du concept d’islamophobie en recourant à une perspective de type études ethniques et raciales. Sont encouragées des communications portant sur les assignations raciales que subissent les musulmans européens ainsi que sur les généalogies historiques d’une telle racialisation. Les comparaisons avec l’antisémitisme ou d’autres formes d’altérisation sont aussi bienvenues. Enfin, des travaux explorant la façon dont les musulmans européens négocient le stigmate ethno-racial attaché à leur religion sont aussi sollicités.

STS #46
Modérateur-trice(s) Vivarelli Clementine, Massignon Bérengère
Titre    Athéismes et religions en conflit ? Croyances, trajectoires, organisations
Résumé
Nouvel athéisme, Assemblée du Dimanche (Synday Assembly), Campagnes de bus athées (Atheists Bus Campaigns). Alors que se développent de nouvelles formes d’athéisme(s) affichant leur visibilité dans l’espace public, les études sur l’athéisme et l’irréligion émergent comme un nouveau champ de recherche, avec des ancrages méthodologiques divers.  Sur le plan individuel, un halo de figures se dégage allant de l’indifférent à l’athée militant en passant par les « sans religion », agnostiques, sceptiques, matérialistes …etc. De même, les organisations qui se réclament de l’athéisme multiplient les dénominations : humanistes, laïques, libres penseurs, rationalistes, sans oublier la franc-maçonnerie adogmatique. Ces termes sont autant de marqueurs de généalogies particulières tant historiques, idéologiques  que nationales qu’il faut absolument contextualiser.  Le point de départ de ces attitudes plurielles et de ces organisations diverses semble être la critique des religions et de leur rôle public, soit une identité fondamentalement dialogique et conflictuelle allant parfois jusqu’à un mimétisme paradoxal à l’égard des religions. C’est cette relation dialectique religion/irréligion comme matrice commune aux athéismes qu’il s’agit de questionner, à partir de deux axes de recherche : (1) les croyances et les trajectoires individuelles  vers l’athéisme ; et (2) les organisations athées, leurs valeurs, leurs répertoires d’actions et leurs alliances. Des études de terrain émanant de différents contextes nationaux seront privilégiées, notamment les travaux comparatifs. La vocation bilingue de la SISR est l’occasion de faire dialoguer chercheurs francophones et anglophones sur cette thématique émergente, mais plus affirmée outre-Manche et outre-Atlantique que dans l’Hexagone, différentiel sur lequel il faudra d’interroger.

STS #47
Modérateur-trice(s)    Robert Dixon
Titre    Étude des paroisses et congrégations face aux défis actuels
Résumé
Des conférenciers de plusieurs pays présenteront leurs recherches portant sur certaines problématiques actuelles dans les congrégations religieuses et les paroisses. Les documents qui seront présentés couvriront les paroisses catholiques et les congrégations protestantes et utiliseront des données au niveau des paroissiens et de la congrégation pour examiner les questions liées aux thèmes de la religion, de la coopération et des conflits dans diverses sociétés, ainsi que d'autres problématiques. Les contributions présenteront des résultats de recherches, montrant comment la promotion de la coopération dans diverses sociétés, en tant que ressource pour résoudre les tensions sociales, peut effectivement pousser des congrégations à gagner en vitalité, et avoir un impact bénéfique sur la société dans son ensemble. D'autres contributions examineront les causes et les conséquences des conflits dans les congrégations. Une discussion sur les différences et les similitudes entre pays sera encouragée.

STS #48
Modérateur-trice(s)    Pål Ketil Botvar, Ann Kristin Gresaker
Titre    Religion et humour – négociation et conflit
Résumé
La relation entre la religion et l'humour a longtemps été marquée par les conflits, basée sur l'idée selon laquelle l'humour et la religion sont incompatibles. Les débats récents sur les caricatures de Muhammad ont mis en évidence le conflit entre les idées de liberté, telles que la liberté d'expression, d'une part, et le respect et la considération pour la religion, d'autre part. Cette controverse a exposé les limites de la plaisanterie sur la religion – ce qui est considéré amusant ou drôle pour certaines personnes, d'autres le trouvent offensant et insultant.
Pourtant, la religion et l'humour sont en dialogue continu, en négociant des façons de se rejoindre dans une sphère publique remplie de tension. C'est le cas par exemple lorsque les humoristes font des blagues sur leur propre religion et lorsque les communautés religieuses organisent des expositions sur la religion. La relation entre la religion et l'humour éclaire les idées et les valeurs collectives dans la société et la culture, et fait apparaître l'inclusion et l'exclusion des groupes sociaux. Des représentations humoristiques de la religion ont suscité des réactions, mais ont également réussi à soulever des questions importantes dans le débat public. Humoristes et dessinateurs traitent de sujets d'actualité et les façonnent selon des formes humoristiques, des styles et des répertoires qui leurs sont propres. L'humour est situationnel et relationnel. Ce qui fait rire les gens varie entre les pays, les groupes et peut changer avec le temps. Nous invitons les contributions qui traitent des différentes façons d'exprimer la relation entre l'humour et la religion. Cela comprend, entre autres, la production d'humour sur la religion/l'humour religieux, les représentations médiatiques de l'humour et de la religion, les réactions et les attitudes face à l'humour et à la religion et les conséquences sociales, culturelles et politiques de la religion dans l'humour, ou de l'humour dans la religion.

STS #49
Modérateur-trice(s)    Irena Borowik, Katarzyna Zielinska
Titre    Religion dans la sphère publique : discours social sur la biopolitique
Résumé
Les questions liées au biopouvoir (par exemple, l'avortement, les techniques de reproduction assistée, l'euthanasie, la recherche sur l'embryon, le clonage) suscitent des discussions ferventes dans les sociétés contemporaines. Ils divisent souvent les personnes et les groupes lorsqu'il s'agit de savoir si de telles pratiques devraient être interdites ou autorisées et, dans ce cas, dans quelles circonstances et dans quelle mesure. Les organisations religieuses et les acteurs qui en dépendent jouent un rôle important dans ces délibérations en formulant des opinions que les croyants doivent suivre et en prenant des mesures pour influencer ou façonner directement les politiques qui régissent le domaine. D'autre part, les opposants aux points de vue religieusement influencés concourent dans l'espace public en présentant d'autres sources, valeurs et significations pour légitimer leurs propres positions. À quelques exceptions près, cette implication du religieux dans le débat sur la biopolitique semble encore sous-étudiée et sous-théorisée dans la sociologie de la religion. Pourtant, une telle approche peut ajouter une nouvelle dimension à la question plus large du rôle de la religion dans la sphère publique.
Notre session a un caractère exploratoire - nous recherchons des contributions de chercheurs traitant de l'interaction entre la religion et la biopolitique dans les termes les plus larges avec le but de discuter de l'état contemporain du savoir et de la recherche. Les thèmes que nous suggérons de discuter sont les suivants :
Les arguments et les raisons qu'on les intervenants religieux dans le débat sur la biopolitique.
Le pouvoir de la religion dans ces sphères du débat public.
Les conflits ou la coopération entre les ambitions des organisations religieuses, la biopolitique et les organisations séculières dans les sociétés modernes.
Les discours sur la religion et la biopolitique.
Le rôle de la religion dans la formation des discours sur la biopolitique dans les médias de masse religieux ou laïcs.
Les questions et enjeux méthodologiques, ainsi que les problèmes rencontrés par la recherche sur le rôle de la religion dans les débats sur la biopolitique.
Les concepts théoriques reliant les champs de la religion et de la biopolitique.

STS #50
Modérateur-trice(s)    Frank Usarski, Edin Sued Abumanssur
Titre    Coopération et conflit entre les religions d'Amérique latine
Résumé
La fin du monopole du catholicisme et la croissance de la diversité religieuse en Amérique latine ont créé une situation ambiguë pour les églises, les dénominations et les mouvements spirituels des pays en question. D'une part, on peut observer un esprit croissant de compétition parmi les communautés religieuses. D'un autre côté, les défis collectifs de la modernisation, les défis non résolus, tel que la pauvreté et la corruption, ainsi que les problèmes mondiaux liés à l'écologie et à la paix, ont fait prendre conscience de la nécessité de la solidarité entre les institutions sociales. Cette session offre un espace pour la description et l'analyse des cas empiriques de conflits religieux et de coopération, respectivement, y compris, par exemple : a) les événements de tensions intra-religieuses, les actes d'intolérance religieuse, les mesures de persécution et la stigmatisation des religieux, et b) les manifestations du dialogue interreligieux et les actions concertées d'ONG motivées spirituellement.
STS #51
Modérateur-trice(s)    Yannick Fer, Véronique Altglas, Hicham Benaissa, Juliette Galonnier, Gwendoline Malogne-Fer
Titre    Perspectives pour une sociologie des religions critique : expérience subjective et déterminants sociaux
Résumé
Cette session s’inscrit dans le cadre du programme PSL Research University « Agenda for a critical sociology of religion » (2016-2019) qui vise à réfléchir aux enjeux théoriques et méthodologiques d’un « retour du social » en sociologie des religions. La sociologie des religions tend en effet, par des logiques de spécialisation disciplinaire ou du fait d’un rapport insuffisamment distancié avec les discours religieux, à insister sur le caractère irréductiblement « religieux » des faits qu’elle étudie, au détriment de leur dimension sociale.
Cette session souhaite au contraire explorer les voies par lesquelles les sociologues pourraient remettre le social au cœur de la sociologie des religions pour contribuer à une meilleure compréhension sociologique des faits religieux, notamment en dialoguant avec la théorie sociologique générale. Nous nous interrogerons plus particulièrement sur les voies par lesquelles la sociologie des religions peut rendre compte de l’articulation entre l’individualisation des expériences religieuses subjectives et les conditions sociales objectives qui déterminent ces choix « personnels ». Il s’agira de réfléchir à la manière dont les religions demeurent socialement instituées et organisées, en échappant aux discours (sociologiques et religieux) qui célèbrent les affiliations multiples d’un individu moderne libéré des contraintes sociales ou annoncent le déclin inexorable de l’institution religieuse.
Cette session pourra notamment accueillir des communications croisant les approches de la sociologie des religions avec celles d’autres champs de la sociologie, l’anthropologie, l’histoire ou les sciences politiques.

STS #52
Modérateur-trice(s)    Antonius Liedhegener, Anastas Odermatt, Conrad Hackett
Titre    Appartenances religieuses disputées en Europe. Comparaison entre les vieilles traditions et les nouvelles identités
Résumé
Le rôle de la religion dans les sociétés européennes est devenu un sujet de premier plan dans le débat public et académique. Les questions concernant la religion sont importantes en matière d'identité, de politique et d'intégration sociale. Historiquement, la religion en Europe est une caractéristique éminemment territoriale de la structure sociale. Sa forme standard est un rôle d'appartenance sociale. Cependant, de nos jours, le paysage religieux de l'Europe évolue rapidement. Le nombre d'organismes et de communautés religieuses augmente. Les minorités musulmanes et les personnes sans appartenance religieuse prennent une part plus importante dans de nombreux pays. De plus, l'affiliation religieuse et l'appartenance religieuse ont gagné une nouvelle importance en tant que catégories d'identification sociale. Par conséquent, l'importance des statistiques sur l'appartenance religieuse a augmenté. Les données sur l'affiliation religieuse sont régulièrement présentées dans les débats sur la force, la prédominance et l'acceptation de divers groupes religieux. Souvent, ces chiffres sont mis en doute et contestés.
Dans quelle mesure les pays et les régions d'Europe sont-ils religieux ? L'Europe est-elle religieusement plurielle ? Et comment et pourquoi ces différences et ces changements interagissent-ils avec les conflits sociaux concernant les identités religieuses et les politiques religieuses de l'État ? Toute évaluation scientifique doit commencer par clarifier les questions conceptuelles et fournir des données sur l'affiliation religieuse.
Cette session thématique entend explorer ces questions sous une perspective interdisciplinaire. Nous invitons donc les chercheurs à envoyer des propositions sur ces sujets. Les documents pourraient être basés sur de grandes comparaisons en Europe ou traiter des cas de pays spécifiques, ou encore présenter des études de cas de manière comparative. Les contributions conceptuelles et/ou méthodologiques portant sur les problèmes de mesure de l'appartenance religieuse et son impact sociétal sont également les bienvenues. Une approche spatiale ou géographique est elle aussi intéressante. La session comprend notamment la discussion des résultats récents et des estimations améliorées de la composition religieuse des pays européens originaires de la “Swiss Metadatabase of Religious Affiliation in Europe (SMRE)” (www.smre-data.ch)

STS #53
Modérateur-trice(s)    Anna Halafoff, Gary Bouma, Elisabeth Arweck
Titre    Vision du monde des adolescents : éducation, inclusion sociale et lutte contre l'extrémisme violent
Résumé
Comme de nombreuses sociétés sont de plus en plus religieusement diversifiées et non religieuses, les systèmes scolaires, qui auparavant ignoraient la religion ou n'incluaient qu'une seule perspective religieuse dominante, s'adaptent progressivement à l'évolution des réalités sociales. On observe également un intérêt croissant pour les programmes éducatifs sur les diverses religions et les visions du monde non religieuses parmi les acteurs étatiques, les communautés religieuses, les éducateurs et les universitaires, en réponse aux préoccupations du « terrorisme à domicile », suite aux attentats de juillet 2005 et plus récemment à Radicalisation des jeunes par l'EI. De nombreux États et organisations confessionnelles ont investi dans ce type de programmes éducatifs afin de promouvoir le respect de la diversité religieuse et de lutter contre l'extrémisme violent, mais il y a relativement peu de preuves empiriques concernant l'impact et l'efficacité de ces initiatives. Un autre facteur important à examiner est la mesure dans laquelle ces programmes éducatifs sont réellement informés par les visions du monde des adolescents ? Cette session examinera donc :
Les connexions entrent l'éducation à la diversité à l'échelle mondiale et la lutte contre l'extrémisme, ainsi que
la manière dont les perspectives des jeunes gens peuvent nous renseigner sur la façon dont l'éducation permet d'améliorer l'inclusion sociale, en particulier dans les pays à grande diversité religieuse.
La session encourage également les perspectives intersectionnelles prenant en compte dans l'étude de ces objets les variables de race, genre et sexualité.

STS #54
Modérateur-trice(s)    Louis Audet Gosselin
Titre    Médias et radicalisme religieux : cadrage et construction de l'extrémisme
Résumé
Durant les débats publics récents, dans la plupart des pays occidentaux, la radicalisation religieuse est souvent corrélée avec l'exposition médiatique à l'extrémisme violent. Les actes terroristes et les pratiques sectaires attirent l'attention immédiate des médias, et lesdits médias (sociaux et traditionnels) sont fréquemment accusés de faciliter les processus de radicalisation chez les jeunes. Ce panel bilingue vise à remettre en question ces hypothèses en présentant des recherches sur la couverture médiatique de la radicalisation religieuse d'une part, et d'autre part, en invitant des présentations sur l'utilisation des médias dans les processus réels de radicalisation, en particulier chez les jeunes. Notre approche des médias est basée sur la théorie du « gatekeeping » (Barzilai-Nahon 2008), qui décrit le rôle clé des médias dans les choix de couverture d'un sujet donné, leur prêtant une énorme influence sur les opinions publiques. À l'ère des médias sociaux, ce rôle a certes changé, mais nous soutenons que les « gardiens » continuent d'exercer une influence, même décentralisée. Les contributions peuvent donc explorer les rôles des « gardiens » que sont les médias traditionnels et sociaux dans la formation des opinions publiques autour des questions de la radicalisation religieuse. Ils peuvent également examiner si les groupes radicaux produisent leurs propres cadrages dans leur utilisation des médias. Enfin, ils peuvent chercher à comprendre comment diverses parties du public médiatique réagissent aux discours des médias autour de la radicalisation religieuse, changer leurs perceptions à travers l'exposition des médias ou construire des contre-récits.

STS #55
Modérateur-trice(s)    Dr. Olaf Glöckner, Karine Michel
Titre    Conflits, coopération et harmonie entre les Juifs du monde
Résumé
Le judaïsme contemporain est marqué par l'expérience collective de la Shoah et l'antisémitisme croissant dans plusieurs parties du monde. Dans le même temps, une remarquable diversité d'identités religieuses et traditionnelles s'est développée au cours des dernières décennies (en particulier au sein du judaïsme libéral, conservateur/massorti, moderne orthodoxe et ultra-orthodoxe) et ce dans le monde entier. Cette diversité religieuse n'a pas les mêmes conséquences en Israël et dans la Diaspora. Ainsi, alors qu'en Israël les différences religieuses et les antagonismes semblent parfois - et dans certains contextes - provoquer des conflits ou même des violences, les nouvelles tendances de la diversité religieuse dans la Diaspora semblent être considérées avec satisfaction, comme une évolution positive.
Dans cette session, nous aimerions explorer plus avant ces groupes religieux, leur poids et leur rôle dans le conflit interne au judaïsme et la revitalisation dans le monde. Des propositions sont attendues sur :
Les situations conflictuelles : les conflits religieux et les motifs des conflits entre religieux et laïcs en Israël.
La diversité comme opportunité pour la Re-vitalisation : nous supposons que les diverses pratiques religieuses, mouvements, démarches théologiques peuvent aussi avoir un impact considérable pour stabiliser les facteurs ethno-culturels.
Les relations Israël-Diaspora : partant du principe que la diaspora juive et Israël s'éloignent, pour des raisons religieuses, et concevant les divergences religieuses comme un problème ou comme une chance, le monde juif saura-t-il, à terme, développer de nouveaux pôles ?
La religion et la réconciliation : l'Europe est le continent qui a été le témoin de la Shoah. Aujourd'hui, c'est aussi là que de nombreuses initiatives pour travailler les rapports entre Juifs et chrétiens ont vu le jour, et c'est peut-être là que la réconciliation entre ces deux religions pourrait avoir lieu.

STS #56
Modérateur-trice(s)    Andrea Rota, Rafael Walthert
Titre    Communautés religieuses : entre participation publique et tensions internes
Résumé
Depuis le travail révolutionnaire de José Casanova (1994), les spécialistes de la religion ont consacré beaucoup d'efforts à l'étude de l'expression religieuse dans la sphère publique. La recherche dans ce domaine a également été stimulée par une visibilité croissante des minorités religieuses dans les sociétés occidentales. Cette évolution a suscité de nombreuses réflexions visant à clarifier (et dans une certaine mesure, promouvoir et défendre) le rôle des religions dans la sphère publique ainsi que les conditions politiques, sociales et normatives de leur participation dans des cadres démocratiques. Ces débats sont liés à la discussion plus large sur les sociétés post-laïques et les formes alternatives de laïcité.
Dans ce contexte, comparativement, peu d'études ont analysé les conséquences empiriques de la participation active dans la sphère publique pour les groupes religieux. Par conséquent, cette session cherche à renverser la question de la contribution des communautés religieuses à la société, et s'enquiert des processus internes qu'inspire l'adoption d'une posture publique au sein des communautés religieuses. Mettant l'accent sur une compréhension dynamique des acteurs religieux collectifs en tant qu'entités sociales complexes englobant différents besoins, intérêts et orientations, le panel a pour but d'explorer les tensions et les processus de négociation engendrés par leurs relations en évolution avec la société environnante. Nous souhaitons nous demander : sur quelles questions et dans quelles directions les tensions et les négociations se déroulent-elles au sein des communautés religieuses ? Quelles en sont les conséquences pour les structures communautaires ? Quelles stratégies sont mises en œuvre pour réduire les conflits internes et éviter la division ?

STS #57
Modérateur-trice(s)    Effie Fokas, Alexia Mitsikostas
Titre    La CEDH au niveau de la base : étude du rôle de la Cour dans la gestion des conflits en lien avec la religion sur le terrain
Résumé
Cette session thématique traite de la question de savoir comment et dans quelles conditions le droit peut régir les tensions dans les sociétés religieusement diverses. La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) est un espace où sont débattues certaines des questions les plus difficiles concernant le pluralisme religieux eu Europe et dont la jurisprudence a notablement contribué aux efforts européens pour régir les tensions dans des sociétés à grande diversité religieuse. S'appuyant sur des recherches conduites sous l'égide du projet de recherche financé par le Conseil européen de la recherche sur l'impact de la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme au niveau local (Grassrootsmobilise), les contributions de cette session explorent comment et dans quelle mesure les acteurs religieux de quatre contextes nationaux différents luttent pour leurs droits au statut juridique reconnu « sous la coupe » de la jurisprudence de la CEDH.
Quelles sont les conséquences de la jurisprudence de la Cour en matière de religion en ce qui concerne ses applications au niveau local et national ? Quelles consciences du droit pourraient se développer chez les acteurs sociaux à la suite des arrêtés sur les libertés religieuses de la CEDH et quels en sont les effets potentiels ? Les arrêts de la Cour servent-ils de support de mobilisation au niveau local et national en faveur des droits obtenus au niveau de la CEDH ?
Les contributions de cette session explorent ces questions en mettant l'accent sur les luttes des minorités religieuses dans leur quête de reconnaissance juridique, dans des pays tels que la Grèce, l'Italie, la Roumanie et la Turquie.
L'analyse des évolutions au niveau de la base repose nécessairement sur une approche bottom-up et décentrée de l'influence de la Cour, attentive aux effets variables, dynamiques et interactifs des connaissances et des discours communiqués via les décisions de la Cour, et ce sur un large éventail d'acteurs sociaux et pour un large éventail de paramètres. Ce n'est que par la discussion avec des avocats spécialistes de ces causes, des représentants d'ONG, des membres de minorités religieuses, etc. que nous pouvons saisir certains des effets indirects de la jurisprudence, qui sont parmi les aspects les moins étudiés du droit. Collectivement, les contributions de cette session thématique ont permis de mettre en lumière l'étendue et la manière dont la jurisprudence de la CEDH contribue réellement à la gouvernance des tensions religieuses sur le terrain.

STS #58
Modérateur-trice(s)     Heinrich Schäfer, Jens Koehrsen, Cecilia A. Delgado-Molina
Titre    Religion et Inégalités Sociales : Regards Empiriques et Réflexions Théoriques
Résumé
L'étude de la relation entre la religion et l'inégalité sociale a marqué la sociologie depuis ses débuts. Au cours des dernières années, il y a-reu un intérêt académique croissant dans l'étude sociologique de l'inégalité sociale et la religion, de la recherche qui emploient des méthodes à prédominance quantitative, étudier dans quelle religion façon contribue sociale à l'inégalité ou comment l'inégalité sociale que vous produisez des modèles distincts dans l'appartenance religieuse, pratique, et factotum croit (par exemple, le lien entre les religions théologiquement strictes et classes inférieures), à ​​des études qualitatives en profondeur de la façon dont la religion et de l'inégalité sociale se rapportent au niveau micro des personnes. Parmi les études qualitatives existantes, l'accent est mis sur la religion des groupes défavorisés sociaux, l'étude de la religion alors que parmi les secteurs sociaux les plus riches - par exemple classes moyennes et supérieures - vous est resté relativement peu étudié.
La session soulève la question de savoir comment la religion et de l'inégalité sociale se rapportent les uns aux autres et se chevauchent dans différents contextes géographiques, la classe sociale et la foi. Nous invitons les contributions avec différentes recherches de grande variété de contexte géographique et différentes recherches méthodologies, de discuter de la recherche empirique actuelle sur la relation entre la religion et de l'inégalité sociale, en cherchant à fournir des réflexions théoriques sur cette relation.

STS #59
Modérateur-trice(s)    Rodrigo Toniol, Brenda Poveda Carranza, Mari Sol Garcia Somoza
Titre    Corps, politique et religion. Approches théoriques, articulations méthodologiques et terrains ethnographiques en Amérique Latine
Résumé
A l’heure actuelle, ce texte classique de Mauss nous invite à penser les multiples intersections générées entre le corps, la religion et la politique. Autrement dit, nous nous préoccupons d’identifier quels sont et comment sont les croisements entre les corporéités, les religiosités, les ritualités et l’exercice du politique.
Cette session thématique a pour objectif d’explorer le rôle du corps comme médiation du religieux et en communication avec le politique et son contexte historico-social. Aussi, nous cherchons à comprendre les formes par lesquelles le corps peut transformer certaines lignes directrices des traditions religieuses en même temps qu’elles impriment leurs systèmes de croyances, leurs moralités et leurs formes de dominations dans les corporalités.
Nous invitons à participer les chercheurs et les jeunes chercheurs qui, dans le cadre de l’anthropologie, la sociologie, l’histoire, et les disciplines connexes, abordent des questions sur l’intersection entre le corps, la politique et la religion en rapport avec les problématisations théoriques et les expériences de terrains dans le contexte latino-américain.

STS #60
Modérateur-trice(s)    Ludovic Bertina, Anahita Grisoni, Jean Chamel, Mathieu Gervais, Luis Martinez Andrade
Titre     Écologie, religions et spiritualités : des conflits socio-environnementaux aux enjeux cosmopolitiques
Résumé
Cette session a pour but de réfléchir, à partir d’une socio-anthropologie et d’une philosophie politique de la religion, sur le lien entre écologie et religieux tels qu’ils ont déjà été abordés dans Religion et écologie (Hervieu-Leger, 1993) ou Nature et religions (Bertina, Carnac, Fauches et Gervais, 2013). Il s’agit d’analyser le lien affinitaire existant entre écologie et religieux en insistant sur la dimension politique, et plus précisément conflictuelle de cette rencontre guidée par des intérêts ou des représentations.
Il s’agira donc dans un premier temps 1) d’évaluer les conséquences de l’« éthicisation » des enjeux écologistes qui se réalise sous le prisme de la convergence de l’écologie et du religieux. Il s’agira ensuite 2) d’identifier les formes de réactualisation de cosmologies et de rapports au pouvoir derrière les différentes compositions qui s’établissent entre écologie et religieux et qui épousent un spectre politique élargi, allant de l’extrême gauche anarchiste et libertaire à des tendances proches de l’extrême-droite naturalisant des identités régionales. C’est donc autour d’une réflexion sur les mécanismes du changement social que conduira l’entrée offerte par la rencontre de l’écologie et de la religion.

STS #61
Modérateur-trice(s)    Leni Franken, Sivane Hirsch
Titre    Religion et éducation dans les sociétés plurielles d'aujourd'hui : une question de neutralité ?
Résumé
Dans les sociétés plurielles contemporaines, l'éducation religieuse (ER) fait actuellement l'objet de débats. D'une part, on considère souvent que l'ER est liée au développement de la tolérance et à une culture du « vivre ensemble » (par exemple : OSCE : 2007, Toledo : 2008, Signposts : 2014). D'autre part, le rôle que les écoles confessionnelles peuvent ou non jouer dans l'intégration des minorités et leur contribution à l'éducation à la citoyenneté dans un État libéral est souvent remis en cause (McMullen, McLaughlin, Brighouse). Dans les deux cas, les débats publics se concentrent souvent sur la question de la neutralité dans l'éducation. Même ses plus grands partisans reconnaissent que l'éducation religieuse est difficile dans ce sens : l'école peut-elle être neutre quand on parle de religions ? Peut-elle être autorisée à ne pas l'être ? Cela est d'autant plus difficile que les différentes éducations religieuses (confessionnelles et non confessionnelles) sont considérées comme contribuant à l'éducation contre l'intolérance et les conflits et, dans certains cas, comme participant à la prévention de la radicalisation chez les jeunes gens. Le jugement rendu par la Cour suprême du Canada en 2015, qui permet à une école catholique privée (Loyola) d'offrir un programme équivalent au programme éthique et culture religieux du Québec, qui enseignera toutes les religions et l'éthique dans une perspective catholique, est emblématique à cet égard.
Dans cette session thématique, nous examinerons ces questions dans une perspective critique et interdisciplinaire. Nous invitons les universitaires de différentes disciplines (par exemple : études religieuses, théologie, philosophie, sciences sociales et politiques, histoire, pédagogie, anthropologie) à participer à la discussion.

STS #62
Modérateur-trice(s)    Titus Hjelm, James V. Spickard
Titre    Les cadres théoriques et le religieux
Résumé
Le but de cette session est de stimuler le débat sur les idées théoriques ayant un impact sur la recherche sociologique sur la religion. En ce qui concerne le thème de la conférence, nous encourageons la soumission d'articles portant - principalement, mais pas uniquement - sur une discussion des théorisations de la relation entre la religion, la coopération, et les conflits dans les sociétés diversifiées.. Les contributions de chercheurs appliquant des traditions de théorie sociale aussi bien connues que moins connues à l'étude de la religion sont les bienvenues.

STS #63
Modérateur-trice(s)    Inger Furseth
Titre    Radicalisme et extrémisme religieux
Résumé
Les thèmes de cette session sont le radicalisme religieux et l'extrémisme. Bien que ces sujets soient courants dans les études sur le terrorisme, les études de sécurité et les sciences politiques, peu de sociologues de la religion se sont engagés dans cette recherche. La recherche sur l'extrémisme fait face à plusieurs défis : développer des concepts utiles, mener des recherches empiriques viables, traiter de l'intérêt politique et sécuritaire et de l'attention des médias. Dans quelle mesure la sociologie de la religion peut-elle offrir des perspectives et des approches utiles à ces études ?
De plus, beaucoup de recherches portent sur les participants et leurs motivations pour s'engager et rester engagés, bien que peu d'attention soit accordée aux différents effets sur la croissance, la continuité et le déclin des mouvements radiaux au regard des variables de genre, âge et origine sociale des participants. Nous invitons les auteurs à présenter des points de vue critiques sur les concepts, les théories, les méthodes et les aspects des membres de ces groupes qui influent sur l'avenir du radicalisme religieux et de l'extrémisme.

STS #64
Modérateur-trice(s)    Thea D. Boldt, Hubert Knoblauch
Titre    La religion comme forme de communication : matérialité, médiatisation et objectivation
Résumé
Au cours des dernières décennies, le rôle de la matérialité, des médiums et des pratiques a été mis au centre de l'attention par les chercheurs en sciences des religions. Mais leur interaction dans le processus de communication a été longtemps négligée. Ce n'est que récemment que la médiatisation de la religion par les médias, les objectivations et l'action communicative ont été étudiées d'une manière qui reflète l'interaction entre ces catégories. Ainsi, l'approche « médiatisation » dans les études de la communication a-t-elle contribué à des analyses pertinentes de la transformation contemporaine de la religion, le rôle des objets, des artefacts et de l'architecture a été reconnu d'une manière qui prend en compte le rôle du langage, des signes et des structures. L'approche plutôt idéaliste de la communication par la théorie des systèmes et la théorie critique est remplacée par un cadre théorique plus englobant de la construction communicative de la religion.
Cette session porte sur ce type d'études, concernant la communication religieuse à deux niveaux. Compte tenu du déficit théorique des études religieuses, il appelle d'abord des contributions qui mettent l'accent sur les façons dont la religion peut être saisie comme communication, action communicative, pratiques en termes de débats contemporains en théorie sociale (ANT, théorie de la pratique, constructivisme communicatif, etc.). Deuxièmement, il appelle des analyses empiriques, théoriquement informées, de la religion comme communication, en ce qui concerne les rituels et événements religieux, les espaces et architectures religieux, les médias, les objets et les objectivations.

STS #65
Modérateur-trice(s)    Uta Karstein, Thomas Schmidt-Lux
Titre    L'Architecture comme terrain de conflit religieux
Résumé
Cette session a pour but de discuter des possibilités de la sociologie de l'architecture dans l'étude de la religion, en particulier des conflits religieux et des compétitions entre la religion et d'autres sphères sociales. La perspective est fondée sur l'hypothèse d'une architecture comme espace social important où interviennent plusieurs protagonistes, des intérêts et des perspectives sur la religion, sa forme et sa fonction concrètes. Pourtant, au cours de ces conflits, l'architecture n'est pas seulement une arène passive, mais aussi un important support symbolique. Puisque l'architecture contribue à exprimer et à visualiser les pensées et les idées religieuses et marque de puissantes affirmations spatiales dans la sphère publique, elle peut être un moyen significatif dans le domaine religieux. En outre, de nombreux conflits entre la sphère religieuse et la sphère civile tournent autour d'enjeux matériels et architecturaux.
Ainsi, la session souligne les conflits actuels et les questions de base telles que :
Les confrontations publiques à propos des projets d'édification d'ouvrages religieux, tels que les mosquées, les églises ou les temples, dans les sociétés diverses au plan religieux.
Les luttes au sein des communautés religieuses concernant l'architecture (intérieure et extérieure) la plus « adéquate ».
Les luttes entre idées concurrentes dans une religion, et leurs représentations architecturales (par exemple : protestantisme contre catholicisme, judaïsme libéral contre judaïsme orthodoxe, sunnisme contre chiisme, etc.).
La compétition, en milieu urbain, entre édifices religieux et séculiers.
Les projets de construction comme espace de rencontre entre des professionnels (architectes, artistes et artisans, politiciens) et des non-professionnels (les paroissiens).
Les contributions théoriques et empiriques sont les bienvenues, qu'elles portent sur l'analyse de discours, sur des entretiens réalisés dans ce contexte, du travail de terrain, de l'analyse architecturale, etc.

STS #66
Modérateur-trice(s)    Carlo Nardella
Titre    Le Pape François et la Crise
Résumé
Depuis la nuit de son élection, lorsqu'il a livré sa première bénédiction à Rome et dans le monde, le pape François a interagi avec les gens dans la foule et les médias en introduisant des éléments de continuité et de discontinuité entre lui et ses prédécesseurs récents. Le résultat est un message à la portée de tous, proposant de faire face à un monde plein de conflits et de tensions qui se manifestent de manière toujours plus aiguë, en adoptant une approche dont les principales caractéristiques sont la promotion de la compassion et de la tolérance d'une part et la problématisation des asymétries, exclusions, séparations et injustices de l'autre. Cette session accueille des contributions visant à une compréhension plus précise de la politique communicationnelle du Pape François dans le contexte actuel. Les contributions peuvent concerner (entre autres) l'étude des façons dont les médias, traditionnels et nouveaux, façonnent dans les différents pays le style et le contenu de la communication du Pape, les mécanismes par lesquels cela se produit et leurs conséquences.

STS #67
Modérateur-trice(s)    Sara Teinturier, Sivane Hirsch, Sarah Scholl
Titre    Écoles et religions : défis méthodologiques
Résumé
Dans les sociétés plurielles contemporaines, l’articulation des religions et de l’éducation est au cœur de controverses sociétales s’imposant sur l’agenda politique : enseignement des religions ou du fait religieux, requêtes particulières des usagers au nom de leur religion au sein des institutions scolaires… Cette thématique pose également des défis de taille aux chercheurs, de la définition des termes de l’enquête qu’ils conduisent, aux conditions de possibilité de sa mise en œuvre, à son interprétation et à sa diffusion. Il ne s’agit pas tant ici de reprendre les interrogations inhérentes à toute enquête de terrain que de s’intéresser à la spécificité posée par le “sujet sensible” (Sieber & Stanley, 1988; Condomines & Hennequin, 2013; Hirsch 2015) que peut représenter le religieux, dans ses différentes dimensions, dans une institution scolaire qui présente elle-même des caractéristiques propres, à la fois univers clos et dépositaire d’attentes sociétales fortes. En la matière, quelles contraintes le chercheur rencontre-t-il ? Quelles sont ses possibles stratégies d’adaptation ? Quelle portée accorder aux résultats finalement obtenus ? Si l’identification des défis méthodologiques est une première phase de la réflexion, cette session entend également explorer ce que ces défis donnent à comprendre de la spécificité ou non du travail sur le religieux dans une institution scolaire et, au-delà, au sein des sociétés contemporaines.

STS #68
Modérateur-trice(s)    Anne Lancien
Titre    La "Laïcité" : une réponse aux conflits dans les sociétés diverses
Résumé
Comme l'a expliqué Emile Poulat, « la laïcité n'est pas seulement un esprit d'émancipation envers la philosophie, mais aussi une politique de pacification à l'égard de la loi [1] ». Selon ces deux approches, la laïcité pourrait être une réponse à la diversification religieuse et culturelle des sociétés : en tant que philosophie d'émancipation, elle rejette toute hétéronomie et peut être considérée comme une base commune à la coopération entre les religions, les philosophies et la société civile. En tant que principe juridique, elle réglemente les relations entre l'État et les religions, favorisant le vivre-ensemble.
Cette session vise à interroger ces deux axes, sur les points suivants : quels enjeux nouveaux sont en jeu en ce qui concerne la laïcité et la diversification religieuse et culturelle croissante des sociétés ? Comment la laïcité peut-elle être un support à la résolution des conflits, entre l'État et les religions, entre l'autorité publique et les croyants et entre les citoyens eux-mêmes ? Enfin, quelles sont les limites de ce principe dans sa capacité à rendre la société pacifique ?
[1] Émile Poulat, Notre laïcité publique. « La France est une République laïque », Paris, Berg International Éditeurs, 2003, p. 14.

STS #69
Modérateur-trice(s)    Igor Bahovec
Titre    50 ans après “la religion invisible” : Thomas Luckmann, religion et société
Résumé
Dans cet ouvrage Luckmann développe les arguments en faveur de la thèse d’un grand changement dans la forme sociale de la religion – de la forme institutionnelle de la religiosité (chrétienne) à l’individualisation, la privatisation et la subjectivisation des pratiques.  En d’autres termes, la forme institutionnelle de la religion est une des formes de la religion – l’homme peut être religieux sans appartenance institutionnelle ou bien ses croyances ne correspondent que partiellement aux idées de l’église ou communauté religieuse dont il fait partie.
Une année après sa mort, le but de session thématique est premièrement de réfléchir à l’approche et à la contribution de Luckmann à la sociologie des religions et de se demander dans quelle mesure on peut utiliser ses explications pour décrire et comprendre les phénomènes de la religiosité et spiritualité aujourd’hui. Peut-on par exemple dire que la « religion invisible » est elle devenue « visible » ? Est-ce que la sécularisation (au niveau des individus) signifie la disparition de la religion ou le changement de la religiosité ?
Finalement il faut se demander aussi quel est le lien entre la sociologie de la religion et les autres domaines du travail de Luckmann, surtout le domaine de la communication morale dans la vie quotidienne, du monde de la vie et des institutions intermédiaires.
Forum des nouveaux chercheurs

NRF #1
Modérateur-trice(s)    Carolina Falcão
Titre    Penser la religion, un exercice multidisciplinaire
Résumé
Cette session vise à élargir le débat sur l'éventail des possibilités d'étude du phénomène religieux de nos jours. Pour cela, nous considérons la sociologie de la religion comme un domaine privilégié, mais pas le seul, à partir duquel nous pouvons poser des questions qui semblent indiquer des réponses, elles aussi multidisciplinaires, et des choix méthodologiques préférentiels. Dans ce sens, nous visons à promouvoir l'échange d'ouvrages qui rassemblent les signes de cette variété et offrent donc un terrain propice aux débats, et dont les approches viennent de différents domaines tels que l'histoire, le discours, les études culturelles, la communication, les arts , la littérature et ainsi de suite.
Notre objectif est de construire un espace collaboratif où nos différences (méthodologiques, ontologiques ou esthétiques) puissent bâtir des ponts de dialogue, dont le bénéfice débordera du strict cadre de l'« objet religieux » en lui-même. Chacun des participants à la session est invité, dans un délai déterminé, à présenter la principale référence théorique et méthodologique de la recherche et comment cette référence soutient l'objet religieux à étudier. Dans cette optique, nous nous attendons à ce que les chercheurs abordent leurs propres hypothèses théoriques face à un public diversifié qui ne partage pas nécessairement le même background académique (et attendons de chacun l'effort inhérent à cet exercice). Cette interaction et cet effort peuvent encourager les partenariats et les contributions qui ne pourraient se produire hors d'un cadre aussi varié.
Pour faire partie du Forum, il est nécessaire de soumettre un résumé d'un maximum de 500 mots qui donne un aperçu de la recherche et de ses principales références théoriques et méthodologiques. Une fois approuvé, le document complet doit être envoyé afin d'être examiné par un autre participant. Ainsi, pendant le Forum (qui peut durer jusqu'à deux sessions), chaque présentation sera suivie d'un rapport critique dans lequel le rapporteur posera des questions critiques et ouvrira le débat avec le public. Il est important de noter que la participation au Forum requiert cette double activité : présenter son propre travail et préparer le rapport d'un autre. Les étudiants de doctorat et les docteurs dont la défense ne remonte pas à plus d'un an sont les bienvenus.

 

Société Internationale de Sociologie des Religions

International Society for the Sociology of Religion